Accéder au contenu principal

Mahmoud Ahmed - Erè mèla mèla/Mètché nèw (1975/1999)

La langueur joyeuse du groove éthiopien, sa mélancolie gaie, la fascination auditive qu'il exerce, le bonheur d'être triste.
Répétitif par sa basse et sa rythmique, hypnotique et serpentant grâce à ses cuivres, sans compter les intonations quasi incantatoires de la voix de Mahmoud Ahmed.
Reste la poésie de sa déclaration à un amour perdu.
Alors que d'aucuns se contentent de "je t'aimais, tu m'aimais, c'était beau" voire de "j'te kiffais, t'étais trop bonne", Mahmoud fait dans le haut de gamme de la métaphore amoureuse, admirez:
"Pas question de m’aventurer dans une autre histoire d’amour.
Quelle place pourrais-je laisser à une autre ?
J’ai beau consulter tous les médecins, cela ne sert à rien
Ma maladie c’est toi puisque tu n’es jamais près de moi
Quand j’ai trop faim, je grignote n’importe quoi
Mais pour moi, me rassasier c’est me nourrir de ton amour"
Voilà pour Erè mèla mèla, pour Mètché nèw c'est de la même teneur: 
"Quand ? Aujourd’hui ou demain ?
Quand serons-nous les yeux dans les yeux ?
J’ai des céréales en abondance mais je reste affamé
Car ma faim est la faim de tes lèvres
Tu obsèdes mon esprit jour et nuit et je meurs
De ton absence."Quand une musique foncièrement triste agit comme un pansement de l'âme que demander de plus ?


Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

No Suicide Act - No Suicide Act (2023)

Bru(i)t X Noir Une arrivée, un retour aussi inattendu que bruitiste et engagé. L'association de FranXoa la voix des Bérus et de Madsaxx le saxo, d'entre-autres, Ukandanz pour un Ep constitué de 2 nouveaux titres et de 3 reprises des Bérurier Noir. La voix de FranXoa n'a pas changé, toujours aussi écorchée, enragée posée et forte. Le sax de Madsaxx est lui maltraité, trituré, déformé pour devenir un soufflement électronique saturé menaçant. Forcement une boite à rythmes vient assurer les beats. Au programme 4 reprises des Bérus, ou plutôt 4 relectures avec actualisation des paroles afin de rester dans l'air du temps et un nouveau track.  Un Nada 2024 inaugural qui ne lâche rien aux préoccupations de l'instant les milichiens sont toujours là mais le contrôle est facial et social, la NSA n'est pas loin ...  Suit le peu connu En Pensant , plus posé musicalement mais très tourmenté dans ses thématiques.  Arrive l'inédit Death Life Blues sorte d'hommag...

High Tone - Ekphrön (2014)

High Tone revient avec un album, bonne nouvelle ? Le groupe continue d'expérimenter, il fait évoluer les choses partant de là où ils les avaient laissées avec Outback. Moins de basses dub, des sonorités orientales moins marquées, plus de titres mid-tempo, plus de basses et de rythmiques dubstep, peu être une ambiance plus "rock" ( Until the last drop ). Bilan: mitigé; une intro loupée avec l'insipide Basis et au final un album deçà de leur précédent opus et de leur second volet des Dub Invaders, dans le dubstep ce ne sont ni les plus extrêmes ni les plus novateurs,  trop de titres mid-tempo qui malgré une approche "agressive" se révèlent mous ( A fistful of yen , Wahqam saba ...); par contre toujours cette volonté de ne pas se répéter, d'évoluer.

Carl Craig - Televised green smoke (1997)

La nuit était tombée depuis quelques heures quand une fumée verte se répandit partout, diffusée par la télévision. Ce ne fut fatal pour personne, mais il n'y eu seulement plus d'images dans le poste. Au début les gens furent inquiets, puis ils se rendirent compte qu'en fait la télévision ne diffusait que de la merde. C'était un début et c'était bien ...