mercredi 9 mars 2016

Mahmoud Ahmed - Erè mèla mèla/Mètché nèw (1975/1999)

La langueur joyeuse du groove éthiopien, sa mélancolie gaie, la fascination auditive qu'il exerce, le bonheur d'être triste.
Répétitif par sa basse et sa rythmique, hypnotique et serpentant grâce à ses cuivres, sans compter les intonations quasi incantatoires de la voix de Mahmoud Ahmed.
Reste la poésie de sa déclaration à un amour perdu.
Alors que d'aucuns se contentent de "je t'aimais, tu m'aimais, c'était beau" voire de "j'te kiffais, t'étais trop bonne", Mahmoud fait dans le haut de gamme de la métaphore amoureuse, admirez:
"Pas question de m’aventurer dans une autre histoire d’amour.
Quelle place pourrais-je laisser à une autre ?
J’ai beau consulter tous les médecins, cela ne sert à rien
Ma maladie c’est toi puisque tu n’es jamais près de moi
Quand j’ai trop faim, je grignote n’importe quoi
Mais pour moi, me rassasier c’est me nourrir de ton amour"
Voilà pour Erè mèla mèla, pour Mètché nèw c'est de la même teneur: 
"Quand ? Aujourd’hui ou demain ?
Quand serons-nous les yeux dans les yeux ?
J’ai des céréales en abondance mais je reste affamé
Car ma faim est la faim de tes lèvres
Tu obsèdes mon esprit jour et nuit et je meurs
De ton absence."Quand une musique foncièrement triste agit comme un pansement de l'âme que demander de plus ?