mardi 30 mai 2017

Sherwood & Pinch - Run them away (2015)

L'alliance de Sherwood et Pinch c'est celle du dub anglais des années 80 jusqu'à nos jours et celle du meilleur du dubstep (celui aventureux, sombre et dépouillé).
Aucun des deux ne tire la couverture à lui mais tous les deux réussissent à exprimer leurs spécificités musicales, leur patte.
Un écrin conciliant douceur et noirceur, légèreté et profondeur, mélodie et abrasion juste pour mettre en valeur la voix fragile et intense de Bim Sherman.


lundi 29 mai 2017

Unknown Artist - Untitled (B1) (2017)

Un artiste inconnu produit un track sans titre ...
Le mystère est épais et perdurera, d'autant que le label sur lequel est paru ce opus n'est pas des plus prolixes avec une titre au compteur ...
Musicalement de la deep house avec une arrière saveur funky/jazzy à la Moodymann ou à la Nick Holder.


dimanche 28 mai 2017

dDamage - Pull the plug (2006)

De la rythmique concassée, broyée, de la mélodie désintégrée.
C'est un peu crade et brutal, le bon goût ne s'y est pas trop attardé la pitié est absente et c'est tant mieux.
Une sorte de pendant musical aux aventures déjantées, alcoolisées, violentes et vampiresques du Bourbon Kid.
Au niveau des paroles essentiellement une exhortation à enlever le plug, sans préciser d'où !
Je vous laisse le choix ...

Ps: sinon un des les frères Hanak écrit de chouettes livres sur le rap.


samedi 27 mai 2017

Willie Lindo - Midnight (1978/2013)

Bien qu'encore accablé par la chaleur torride, malgré l'heure tardive, et abruti par la consommation excessive, mais justifiée, de piña colada un sursaut de bon sens commande à mon cerveau de faire un geste salvateur.
Lancer le morceau qui comblera de félicité ce moment parfait, la musique bienfaitrice qui arrive juste avant le léger souffle d'air rafraichissant.
Paradisiaque, éthéré, fluide; un bon dub coulant tout seul avec sa basse ronde et sa rythmique chaloupée, ses susurrements sensuels et son contrepoint de guitare.
Alors il ne faut que se laisser porter et s'oublier ...


vendredi 26 mai 2017

Kenny Dope - Get on down (1994)

Une certaine idée de la classe !
La panoplie de samples qui vont bien (Minnie Ripperton et Method Man entre autres, le grand écart improbable qui envoie du lourd ...).
Petit moment d'apesanteur à kiffer en toute simplicité ...


jeudi 25 mai 2017

Amon Tobin - Marine machines (2000)

Les profondeurs sous-marines recèlent quelques joyaux.
Des poissons étranges, bardés de piquants, luminescents, aux bouches géantes et dentées et à la laideur fascinante; des calmars géants tapis dans les profondeurs, des méduses pétrifiantes.
Puis il y a des surprises, des machines marines qui ne semblent pas avoir été fabriquées par l'homme.
Elles se déplacent avec élégance, gracilité et fluidité, elles ne semblent avoir aucun autre but que leurs mouvements.
Il ne faut que les observer et surtout pas tenter de les attraper sans quoi elles se transforment instantanément en terribles et redoutables engins de combat prêts à semer la désolation et à causer blessures ou mort.
D'où viennent-elles, qui les a créées et pourquoi ?
Autant de questions qui resteront sans réponse ...


mercredi 24 mai 2017

The Truth - Truth Theme (Original Vocal Mix) (1996)

Où il est question d'une recherche impérieuse (et vraisemblablement vaine) perdue dans un dédale d'effets dub ...
Et si elle était ailleurs !
Subjuguant toutefois. 


lundi 22 mai 2017

Nas/Suprême NTM - Affirmative Action (Saint Denis Style Remix)

Une envie de Nas et une autre concomitante de NTM, bon sang mais c'est bien sur !
Affirmative Action (Saint Denis Style Remix) soit la rencontre des 3.
On garde l'instru et on met les flows originaux plus ceux des 2 lascars du NTM.
Et puis tout va bien, ça envoie du lourd !


dimanche 21 mai 2017

Kza - Let's go (2014)

Un edit d'un morceau obscur par le japonais Kza.
Ça donne un track torride qui semble tout droit sorti de chez Moodymann, sample entêtant, vocaux rentre dedans, rythme prenant.
Comme un odeur de fiesta jusqu'à très tôt ...


Simon Says - Late at night (2003)

De prime abord ça ne paie pas de mine, ça semble simple, facile.
Puis la ritournelle rentre dans la tête, ses brides de nostalgie subreptices, sa basse qui sous ses airs de ne pas y toucher est confortable, son piano faussement triste, cette voix monocorde mais prenante.
Cette invitation posée à danser, danser, danser et à simplement écouter de la musique; comment ne pas succomber ...


samedi 20 mai 2017

Aeroplane - We can't fly (2010)

"We can't fly", voici une chanson que les manchots (les oiseaux pas les gens sans bras) auraient écrite s'ils savaient écrire des paroles et composer de la musique.
Mais non ce sont des feignasses qui préfèrent se prélasser sur la banquise plutôt que d'aller apprendre à écrire et à composer alors bien fait pour eux s'ils ne peuvent pas voler !
Certes c'est un peu con d'être un oiseau et de devoir s'user les pattes sur le sol, mais à eux de faire des efforts, de se dépasser ou d'inventer l'avion, la montgolfière, la fusée voire la catapulte ...


Mano Negra - Indios de Barcelona (1988)

Toujours frais, joyeux et sautillant !
Il y est question de drôles d'indiens et de movida (en quelque sorte) ...


vendredi 19 mai 2017

Peaches - Fuck the pain away (2000)

Minimaliste, engagé, punk quoi !
En mode électro râpeux, bricolé vite fait bien fait: une boite à rythme, une ligne de basse synthétique,  des déclamations féministes et basta; pas de place pour des fioritures du genre mélodie, arrangements et production léchée.

Inutile !
Et si t'es pas content c'est pareil ...


mercredi 17 mai 2017

Hystérie - Chape de plomb (2017)

Une certaine idée de l'époque, noire, crade, brutale, sans trop d'espoir !

Un peu comme du Béru sous penthotal: ralenti, brouillon, sale, binaire mais dans l'urgence ...

Un instantané mal cadré, mal exposé et pourtant parlant !


mardi 16 mai 2017

Vîrus x Jehan-Rictus - Prière (2017)

Du lourd !
De quoi rabattre le caquet de 99% des gars qui pensent "peser dans le game du rap", d'un point de vue lyrics y a pas photo, ça enterre tout, ça déchire tout !
Hardcore, sans évoquer les "biatchs", sans montrer un cul en string, sans un flingue, sans violence (et pourtant c'est du du parpaing dans la gueule).
Novateur, mutin, poétique et noir, le rap rêvé, par un p'tit jeune né en 1867 qui à trente ans (en 1897 pour ceux qui suivent) envoie un brulot d'argot poétique et anarchiste.
Démontage en règle de la société de l'époque qui déjà brime l'individu, le soumet à la norme, lui impose l'ancêtre du Macronisme ("le docteur qui va euthanasier les acquis sociaux avec ses ordonnances").
Allez pour la route quelques extraits:

Aussi vrai, c’ que j’ les ai dans l’ nez,
Ces muffs qui, sous le nom d’ « concurrence »,
Ont créé eun’ sourc’ de souffrances
Un genr’ légal d’assassiner ! (...)


J’ai fait tous les méquiers d’esclave,
C’pendant j’ai jamais pu gagner
Ma boustifaille et mon loyer,
À présent, m’ v’là, j’ suis eune épave. (...)


 J’ai l’ poil tern’ des bêt’s mal nourries,
La dèch’ m’a fait la gueul’ flétrie,
Ma jeuness’ reste étiolée...
J’ pourrai jamais m’en consoler,

Mêm’ si qu’un jour j’ tournais au riche,
Par un effet de vot’ bonté,
Ce jour-là, j’ f’rai mett’ eun’ affiche :
« On cherche à vendre un cœur gâté. » (...)


J’ suis l’ fils des vill’s, non d’ mon village,
Si j’ai des envies, des besoins,
C’est la faute aux grands magasins,
À leurs ménifiqu’s étalages. (...)


L’Homme est pas fait pour la misère
Et contrarier ses Beaux Désirs,
Ni pour qu’ ses frangins l’ forc’nt à faire
Des cravails noirs et sans plaisir.

Car y s’enferm’ dans des usines
Des quarante et des cinquante ans,
Dans des bureaux, des officines,
Alors qu’ les cieux sont miroitants.

Oh ! mon Guieu ! Si vous existez,
Donnez-nous la moell’ d’être libres
Et d’ remett’ tout en équilibre,
Suivant la grâce et la bonté ! (...)


J’ suis su’ la Terr’, c’est pour y vivre,
J’ai des poumons pour respirer,
Des yeux pour voir, non pour pleurer,
Un cerveau pour lir’ tous les livres,

Un estomac pour l’ satisfaire,
Un cœur pour aimer, non haïr,
Des mains pour cueillir le plaisir
Et pas turbiner pour mes frères !

Soupé des faiseurs de systèmes,
Des économiss’s « distingués »,
Des f’seurs de lois qui batt’nt la flemme
(Tout’ loi étrangle eun’ liberté !)

Soupé des Rois, soupé des Maîtres,
Des Parlements, des Pap’s, des Prêtres.
(Et comm’ j’ai pas d’aut’ bien qu’ ma peau,
Il est tout choisi mon drapeau !)

Soupé des vill’s, des royaumes
Où la Misèr’ fait ses monômes,
Soupé de c’ qu’est civilisé
Car c’est l’ malheur organisé !

Nos pèr’s ont assez cravaillé
Et bien assez égorgillé !
L’Homm’ de not’ temps faut qu’y s’ arr’pose
Et qu’ l’Existence lui tourne en rose.

Oh ! mon Guieu, si vous existez,
Donnez-nous la forc’ d’être libres
Et que mes souhaits s’accomplissent,

Car au Printemps, saison qu’ vous faites
Alorss que la Vie est en fête,
Y s’rait p’-têt ben bon d’être eun’ bête
Ou riche et surtout bien aimé.


Le tout magnifiquement scandé par Vîrus et mis en musique par Banane

Un vent de révolte précurseur et salutaire ...


Cypress Hill - Tequila sunrise (1998)

Indolent et lancinant, une projection directe vers un Mexique de contrebande avec mariachis de pacotille, tequila frelatée, sombreros démesurés  et folklore pour touristes.
On est tellement dans le trip qu'on attend les verres sales, Zorro et Clint Eastwood ...
Il n'y a pas à dire la tequila des Cypress elle est forte et retourne bien la tête.
Allez tournée générale !


dimanche 14 mai 2017

Catherine Ribeiro + Alpes - Dingue (1971)

Entêtant, jubilatoire, habité et barré: une guitare et une voix (mais quelle voix) et c'est tout.
Au programme: la folie qui façonne un monde nouveau.
Cela peut faire peur, quelle serait sa cohérence, sa finalité, y trouverions-nous nos repères ? Serait-ce grave ?
Au fond serait-il pire et/ou plus fou que le notre ?
Le doute est permis !
Et si c'était mieux ...


vendredi 12 mai 2017

Blake Baxter - The world is acid (2015)

De la techno, de Détroit, à l'ancienne, un rythme immuable, un accord répété inlassablement, un soupçon de mélodie qui pourrait avoir été volé à Kraftwerk, des circonvolutions acid toutes en finesse pour emmener l'auditeur loin dans une tonalité sombre ...


lundi 8 mai 2017

Miossec - On était tellement de gauche (1997)

Où il est question des illusions perdues, des renoncements, de la bassesse quotidienne.
Et si on retendait le poing, parce que finalement on n'a plus rien à perdre ...
"Ça ne serait pas arrivé si on s'était battu"


jeudi 4 mai 2017

Treha Sektori - Acermeh (2016)

Chez Treha Sektori on suppure, pas vraiment la joie de vivre c'est certain mais plutôt l'angoisse, l'introspection maladive, le tourment morbide, la noirceur et l’avilissement.
Point de lumière ni d'espoir, ce sont l'obscurité et l'affliction qui règnent en maitresses tout au long de cet album, lent et pesant, au mieux peut-on espérer une plainte, un gémissement, égarés, perdus dans un canevas de drones plombés.
Un chant guttural de désolation, funèbre et gris sera vu comme une consolation de l'âme, une pulsation sera perçue comme des coups, libérateurs montrant que le corps n'est pas mort, qu'il ressent encore.
Mais pourquoi continuer, s'acharner ...


mercredi 3 mai 2017

The Doppelgangaz - Rapamycin (2017)

Avec décontraction et élégance les 2 lascars de Doppelgangaz font leur retour.
Toujours cette marque de fabrique, de hip-hop à l'ancienne, ce groove suave faussement bancal, ces petites ruptures respiratoires, ce flow faussement désinvolte, empli d'humour.
Alors c'est le moment de se laisser aller, de lâcher prise et de profiter de l'instant ...


lundi 1 mai 2017

Brain Damage - Sterile (feat Black Sifichi) (2006)

Envoutant, mystique, trouble et grave.
La voix chaude, profonde, expressive et légèrement inquiétante de Black Sifichi, alliée au dub orientalisant, hypnotique, lancinant et légèrement inquiétant des Brain Damage.
Le résultat: un voyage dans des contrées de l'âge ancien du futur, perdues mais jamais explorées ni même habitées ou découvertes.
Un lieu inconnu, immatériel, mais pourtant palpable et familier.