samedi 31 mars 2018

Icola - Diablerie ep (2017)

Le malin use de mille subterfuges pour détourner les humains du droit chemin.
Parmi ceux-ci il y a ces "Diableries" d'Icola (aka I:Cube), 4 variations sur un même thème, pour mieux pervertir les âmes.
De l'immersif ambient acid pour un enjôlement trippé, de la cérémonie vaudoue tribale pour l'envoûtement percussif,  de l'inquiétude menaçante et martelée pour la paranoïa hypnotique, enfin un track infernal mêlant un peu tous les éléments déjà évoqués.
Le résultat un sabbat acide aliéné enfiévré qui mène aux confins de la folie, le l'abandon, de la perte ...
Une ultime diablerie pour corrompre les robustes, mais pas de risque, l'Enfer n'existe pas en fait ...


vendredi 30 mars 2018

Public Image Limited - Death disco (1979)

C'est vendredi, c'est permis, c'est chaud, c'est disco !
Chouette !
Enfin il va toutefois mettre quelques bémols.
On est très loin des gais lurons d'Ottawan et de leur DISCO insouciante.
Place ici à de la "disco" tourmentée, déjà à cause du contexte, Johnny Lydon/Rotten y raconte l'agonie de sa mère mourant du cancer.
D'entrée ça plombe lourdement l'ambiance ...
Musicalement c'est loin des cotillons/coussins péteurs/chenille qui redémarre pour la tendance disco beauf ou de l’hédonisme torve et moite des clubs new yorkais pour la tendance plus "gaie".
Au menu basse menaçante dub qui tourne, guitare acerbe, acide qui vrombit , rythme sec et cassant qui n’enjôle pas, voix nasillarde, braillarde et fielleuse qui crache sa tristesse.
Pas de doute ça sent la mort ...


jeudi 29 mars 2018

mercredi 28 mars 2018

Rhythm & Sound w/ Tikiman - Never tell you (1996-1998)

Traverser des contrées brumeuses, des étendues désertiques, s'y perdre avec délice, se laisser emporter par la chaleur de la basse, la répétition rythmique, les entrelacs mélodiques ...


mardi 27 mars 2018

Pépite - Hiéroglyphes (L'Impératrice remix) (2017)

Ce qui pourrait être une histoire parisienne.
Elle débuterait, au cœur de l'hiver quand les journées sont courtes, grises et humides, au musée du Louvre dans le département des antiquités Égyptiennes, sur les traces de Champollion, à déchiffrer les hiéroglyphes, puis se poursuivrait dans un bar, puis dans un autre et un autre et encore un autre ...
Une errance alcoolisée d'un couple qui se déferait, se déchirerait, ne saurait plus où il en est, mais ne saurait se résoudre à l'inévitable.
Que chercheraient-ils, à se retrouver, à oublier le passé, à retrouver dans le regard de l'autre la flamme qui fut, à recoudre ce qui pourrait encore l'être pour faire fi de leurs trahisons réciproques du passé et envisager un peut-être.
Mais reste l'usure ...


lundi 26 mars 2018

Meshuggah - I (2004/rééd2014)

Laissons éclater avec véhémence notre, légitime, colère et soyons également un peu nihilistes (mais avec méthode et détermination) ...


dimanche 25 mars 2018

Four Tet - Love cry (2009)

Une histoire, insignifiante au début, qui d'un presque rien, doux et grésillant, se mue en cavalcade enfiévrée échevelée, à la pulsation métronomique; d'où une voix féminine, inattendue, susurre l'amour triste et désiré avant que le chaos cesse finalement et que ne revienne le calme précaire initial.


vendredi 23 mars 2018

Maya - Lait de coco (Dub) (1987)

Moi aussi, un jour, je serai un playboy avec une veste bleue à franges en patchwork.
Le truc imparable pour attirer les filles !
En plus pour parfaire mon charme, il y aura une musique langoureuse, disco lounge, détendue, invitant au farniente et dénudement qui accompagnera tous mes déplacements.
Ainsi qu'une odeur de lait de coco.
La classe absolue quoi !


jeudi 22 mars 2018

Visonia - Journey to humility (2014)

C'est l'histoire d'un oiseau qui s'est perdu.
Il vole au dessus d'une vaste étendue de glace qu'irradie un pale soleil.
Son vol fluide dans cet air glacial est majestueux, il plane sans but, semblant ne plus être soumis à la pesanteur, décrivant des arabesques aussi belles qu'irréelles.
Puis d'un coup il a choisi, une dernière volte le met dans l'axe du soleil, qu'il semble vouloir rejoindre.
Peu à peu il rapetisse et finalement il n'est plus qu'un point qui disparait à l'horizon, comme brulé d'un coup par le soleil.
Un mirage aussi beau que fugace, un souvenir vague.


mardi 20 mars 2018

Skylab - The trip (Roni Size remix) (1996)

Le morceau original est quand même assez proche de la purge indigeste.
Long, insipide et pourtant de mauvais goût, comme une sorte de digression inepte.
Heureusement que Roni Size arrive et chamboule cela.
De l'original il ne garde pas grand chose, un vague son d'introduction et quelques vocaux.
Il réussit à créer une tension, une dynamique à partir du brouet sans saveur original, il insuffle du sexe potentiel, du mystère, de l'imprévu à base de breakbeat et de basse vrombissante.
Rien que pour cela le morceau mérite une écoute.


lundi 19 mars 2018

Solid Space - Destination moon (Red Axes edit) (2017)

Aller sur la Lune, repousser les limites du connu, un des rêve de l'homme qui provoque excitation, empressement, frénésie.
Enfin généralement, parce qu'avec Solid Space, rejoindre le satellite de la Terre semble aussi exaltant que manger du céleri rémoulade fade, un jour de pluie, avec comme convives un inspecteur du fisc et un proctologue.
Ça respire l'enthousiasme, la joie de vivre et l’allégresse, c'est presque aussi  palpitant que rester coincé dans un ascenseur en panne avec un collègue pétomane qui a mangé un cassoulet !
Et pourtant de cette torpeur monotone nait un certain confort, peut-être dû à cette voix distanciée ou à cette musique minimale et fluette, un sentiment de bien être.


dimanche 18 mars 2018

Detboi - Blood drops (2018)

Tout est propre, immaculé, rutilant, aseptisé et clinique.
La paillasse est nettoyée, le carrelage mural blanc luit presque tant il a été briqué. Une odeur de frais envahissant l'atmosphère.
L'homme derrière un masque de chirurgien et ses lunettes de protection termine de rincer ses outils, il enlève les dernières scories qui s'y nichent, passe un dernier coup de jet pour évacuer les rares traces de son activité tout juste finie.
Heureux et décontracté, il sourit sous son masque, il s'apprête à s'en aller avec le sentiment et la satisfaction du travail bien fait.
Un détail retient cependant son attention alors qu'il lève les yeux vers le plafond.
Minuscules mais nombreuses, constellant le plafond d'une myriade de petites tâches, des gouttelettes de sang.
La colère alors envahit l'homme qui fulmine.
Ces gens-là n'ont aucun respect, aucun amour du bel ouvrage, de l'artisanat rumine-t-il; on les torture, on les découpe, on les éviscère, on les ampute et on les tue avec art, passion et amour et eux ne font aucun effort pour se contenir, pour ne pas salir, ils sont sans-gêne, sans savoir vivre !
C'est peut-être pour ça qu'il les tue, car ils ne savent pas vivre ...


samedi 17 mars 2018

Mutha's Day Out - Locked (Tear me down) (1993)

Bon, c'est l'histoire de jeunes gens qui sont désœuvrés au fin fond de la campagne tourangelle, ils s'ennuient profondément et pour passer les temps boivent des bières bon marché et tiédasses et portent des bretelles jaunes.
Histoire de passer le temps ils volent des pots de moutarde dans la supérette du coin, lancent des huitres en plastique sur des pigeons empaillés et se mettent des bigoudis et de la laque dans les cheveux.
Un jour les plus futé du lot trouve un billet d'avion pour Nœux-les-Mines dans une pochette surprise, aussitôt la bande s'y rend espérant s'y amuser en faisant du hula hoop.
En vain, un arrêté préfectoral local l'interdit.
Les p'tits jeunes ont du coup la haine et pour se venger décident d'une part de s'épiler les sourcils pour faire peur aux vieilles dames et d'autre part de faire des bruits étranges avec leur bouche en mimant la grenouille.
Ils enregistrent aussi un disque de musique de jeune avec de la guitare, du chant et une salopette ...


jeudi 15 mars 2018

EYE - Le croquis de la femme (2016)

EYE c'est un peu la rencontre invraisemblable de la noirceur froide de Trisomie 21 et des rêveries éthérées de Mammane Sani, le point commun étant l'économie de moyens mis en œuvre, qui confine au minimalisme.
Malgré l'utilisation d'un synthé rudimentaire il se dégage une grande expressivité de sa musique, un peu comme un court métrage, en noir et blanc, tourmenté et passionné dont la fin serait létale et poétique.
Hypnotiquement addictif ...


mercredi 14 mars 2018

Helmet - Sinatra (1990)

Voici le temps des hésitations.
Un homme qui voue un amour immodéré à une femme, qui est dévoré par cette passion même.
Son problème étant que cette femme, ne le voit pas, en fait elle ignore jusqu'à son existence.
Ce type est une sorte de psychopathe obsessionnel.
Heureusement, pris d'un sursaut de lucidité il se rend compte que des alternatives à ce harcèlement, pour l'instant inoffensif, existent et sont peu onéreuses comme l'achat de magazine dont on subodore le genre.
Malheureusement la certitude du gars n'est pas inébranlable et il hésite, se demandant ce qui est mieux pour lui.
C'est quand même fou ce manque de discernement ...


mardi 13 mars 2018

Violent Quand On Aime - Les jardins du mépris (2017)

"Je me prélasse alors, dans les jardins du mépris.
Tranquillement je me balade détestant chaque seconde."

C'est l'histoire d'un mec qui n'aime rien ni personne, ni même sa vie, que tout débecte et qui se complait et se vautre dans cette situation.
Ses uniques jouissances: honnir et se promener, de concert.
Pas loin du dédain suprême ...


lundi 12 mars 2018

Carl Craig - Sandstorms (VCO update) (2017)

La bataille fait rage, en plein désert. La belle mécanique moderne, rutilante, chromée et meurtrière fait des ravages, tuant, annihilant tout ce qui s'oppose à elle.
Puis au milieu de ce tumulte se lève, d'abord au loin, puis se rapprochant, une furieuse tempête de sable.
Sa violence est incommensurable, ses vents rageurs font s'insinuer partout des grains de sable, rien n'est épargné.
Les fleurons de la technologie avancée de mort se grippent, se cassent sous l'effet insidieux du sable, les fiers combattants ne peuvent plus respirer sans remplir leurs poumons de sables, leurs yeux pleurent en vain et rougeoient, leurs corps les démangent, les piquent.
Tous sont vaincus, anéantis; le combat cesse faute de protagonistes.
Le sable à gagné ...


vendredi 9 mars 2018

Koudlam - Chinese gig (2014)

Chinese gig de Koudlam c'est Kim Jong-un gavé aux acides et shooté à l'hélium qui débarque dans ton salon, habillé d'un étincelant habit de papier aluminium et juché sur des sandales à talon compensé. Il est accompagné par un orchestre symphonique synthétique de pacotille, des percussionnistes rigides, pesants, un orgue essoufflé de fête foraine; lui-même joue mal du clavier basse.
Il commence à improviser un karaoké géant d'une voix grandiloquente, mélancolique et pathétique.
Bizarrement il déclame, dans un anglais atroce, La Tempête de Shakespeare.
Des danseurs de flamenco s'occupent du divertissement visuel.
C'est à la fois apocalyptique, grotesque et grandiose, un moment unique ...
À la fin, extatique débout sur ton fauteuil, ruisselant de sueur et de bonheur, tu applaudis, hurles, tapes du pied et demande un rappel, en vain. 
Intraitable et majestueux Kim Jong-un s'en va, auréolé d'une gloire très locale, te laissant pantois et esseulé dans ton salon, il n'a même pas daigner gouter tes gâteaux secs ou boire ton cocktail de lait d'amande, de rhum et d"huile d'olive ...

jeudi 8 mars 2018

Milo - Note to Mrs (2017)

"I remember my dreams", ne pas oublier ses rêves lointains, enfantins peut-être.
Puis en profiter pour écrire une lettre d'amour à celle qu'on aime.
Concis et onirique ...


mercredi 7 mars 2018

The Micronaut - Oldnew (2018)

Dans la vraie vie The Micronaut s'occupe du rayon croquettes pour chats de l'Intermarché de Château Thierry.
Sa vie est assez monotone, il se lève à 6h10, pisse un coup (parfois mal réveillé il vise mal), boit ensuite un bol de café, il écoute après Rire et Chansons en se lavant les dents.
Il a une belle collection de slips multicolores et s'habille avec un goût douteux.
Récemment il s'est acheté, à crédit, une voiture, une 308 grise, comme sa vie.
Il arrive au boulot vers 7h30. Il réapprovisionne alors son rayon jusqu'à 9h.
Parfois la partie la plus ingrate de son boulot consiste  à goûter les nouveautés qu'il vendra dans son rayon; son pire souvenir est la pâtée cassoulet/choucroute royale aromatisée au pastis, il a tout vomi sur son chef.
Le soir quand il rentre chez lui il allume la télé mais ne la regarde pas, quand il a faim il ouvre une boite au hasard, en déverse le contenu dans une assiette qu'il met ensuite à réchauffer au micro-onde. Parfois il n'a pas de chance se trompe et ouvre un échantillon donné par un fournisseur.
Sa vie n'est pas palpitante.
Heureusement qu'il a sa vie secrète, celle de The Micronaut.
Il revêt son costume secret, composé d'un collant opaque bleu, d'un justaucorps bleu également, d'une paire de gants pour faire la vaisselle, de chaussures de randonnée, d'une cagoule verte en acrylique et d'un de ses slips bariolés.
Et alors il compose de la musique de danse rétro-futuriste ...


mardi 6 mars 2018

Nurse With Wound - Either open or unsound (1997/2018)

Éloge de la lenteur et du mystère.
Un violon divague entouré de nappes sonores sourdes et de troubles et vibrantes percussions.
Un envoutement ...


lundi 5 mars 2018

Current 93 - Imperium I (1987)

David Tibet de sa voix possédée, envoutante et vénéneuse conte des légendes anciennes, emplies de sagesse.
Celles de l'Imperium, l'Empire, celui à la gloire perdue, à la vaillance vacillante et vaincue, celui dorénavant dévasté et anéanti.
Derrière lui des plaintes lentes, lugubres et graves viennent accentuer cette déchéance, une musique fluette tour à tour légère puis profonde fait un contrepoint.
L'heure du bilan ...


dimanche 4 mars 2018

Musumeci - Harry Batasuna (An-i edit) (2015)

Minimal, crado, déglingué.
Voici le portrait rapide d'Harry Batasuna.
Qui est-il réellement ?
Un indépendantiste Basque qui s'ignore, peut-être, à moins qu'il n'agisse sous pseudonyme ...


vendredi 2 mars 2018

Sarin - God disease (2017)

"For me God is a disease."
Simple et évident ...


jeudi 1 mars 2018

Microlith - Hello 307 (2015)

Sombrer, avec facilité et sans remord, dans une douce torpeur mélancolique.
Un état hypnagogique où se complaire sans trop se préoccuper de ce qui se passe autours, une parenthèse égoïste de replis sur soi, de flânerie libre et sans but dans son subconscient/inconscient, juste pour le plaisir de s'y perdre et de profiter des délices qu'il recèle.
L'espace d'une, longue, respiration abstractive et salutaire ...