dimanche 31 décembre 2017

Aphex Twin - Jynweythek (2001)

Alors que vient l'heure de dormir, Aphex Twin arrive, subrepticement.
Il s'insinue avec une berceuse jouée au piano, tout simplement.
Enfin tout simplement, juste avec un piano cet homme est dangereux, il le traficote, ajoute des lames de rasoir aux marteaux, triture les cordes, rajoute une pédale d'effets, désaccorde ou plutôt réaccorde le piano à son goût ...
Bref ce qui s'annonçait être une berceuse reste certes fondamentalement une berceuse, mais un peu déglinguée, légèrement faussée, avec ce soupçon indicible d'étrangeté ...
Parfait pour une nuit paisible de cauchemars ...


samedi 30 décembre 2017

Iggy Pop - Miss Argentina (1999)

Alors que je voulais écouter tout simplement une chanson pop récente sur you tube, naïvement dans le champs de recherche je tapais "pop 2017".
Quelle déconvenue !
Ce fut un succession de top pop 2017 avec dedans, comment dire sans être trop cru, un résidu de transit intestinal trop rapide et trop volumineux et cherchant à s'évacuer intempestivement; dois-je faire un dessin ...
Je ne prendrai que la première playlist. Pour commencer Luis Fonsi et sa nouvelle torture auditive (je pensais qu'après Despacito il avait été jeté dans une prison mexicaine et que des prisonniers condamnés à de longues peines avaient enfin trouvé une utilité à sa bouche et fait en sorte qu'il ne chante plus), ensuite le rondelet Ed Sheraan accompagné une fois de plus par de la guimauve, ensuite un truc insipide vaguement latino, à ce moment là j'ai vomi une première fois. Par précaution ayant encore l'estomac retourné j'ai zappé quelques chansons qui avaient l'air frelatées, j'ai repris avec Marshmello, n'en attendant rien mais me disant que le sucre ça passerait, au pire je ferai un peu de diabète auditif. Erreur grossière, mais moins que ce que j'entendais.
Suivante, non en fait la présence de Sean Paul me met en alerte, nouveau saut Sam Smith, anonyme inconnu pour moi, début limite blues, je souffle et reprends des couleurs, lui se met à chanter et la c'est le drame, l'internationale des chanteurs saoulants interchangeables à encore frappée: un nouveau clone !
Next, enfin next, j'en ai zappé une bonne vingtaine par précaution.
Arrêt sur un truc où Coldplay apparait, ce n'est pas que j'aime ça, mais au moins j'aurais l'impression d'être dans un ascenseur et parfois un ascenseur ce n'est pas si mal.
Hélas ça tourne mal, ils se sont acoquinés avec un remixeur de mes couilles; du coup non seulement ça a la saveur du topinambour bouilli mais malheureusement celui-ci est parfumé à la merde.
A bout de souffle, barbouillé, nauséeux et fébrile je renonce après avoir vu à quoi j'allais être exposé: Guetta, Pink, Harris, Cyrus et consorts, c'en est trop pour moi ...
Désespéré je fonce chercher une hache pour fracasser mon ordinateur, pensant sérieusement qu'il a été envouté par un esprit malin et pervers. Puis je me reprends et j'ai une illumination: Pop !
Mais bien sur Iggy Pop, il me fallait du baume au cœur, la chaleur, la langueur, la lenteur, la simplicité de Miss Argentina coulèrent de source.
Me voici les oreilles rassérénées ...


vendredi 29 décembre 2017

Unit Moebius - Pantha rhei (1992/2017)

17 minutes de chute.
Abyssale, lentement vertigineuse, redondante et mouvante à la fois.
Faut-il qu'elle cesse ?
Ou bien faut-il se laisser absorber par ce vortex vorace ...


Pip Williams - Outer limits (2017)

Pip Williams est d'une grande utilité, grâce à lui nous savons maintenant où se situent les limites extérieures, c'est beaucoup plus pratique comme cela.
Alors les limites extérieures sont là, bien définies, perceptibles par tous.
C'est mieux quand c'est précis ...


mercredi 27 décembre 2017

Swans - She lives (1994)

Éloge de la folie vue comme possible une rédemption, une échappatoire au monde réel.
A moins que cela ne soit qu'une vaste tromperie diabolique, un vol d'âme déguisé ...


Cio D'Or - Zepto (2015)

Pénétrons dans le monde de l'infiniment petit.
Cio D'Or sera notre guide.
Alors qu'un monde confiné, restreint s'annonçait plutôt, c'est un univers ample et vaste qui s'offre à nous.
Méditatif, en variations ténues, son étendue est à découvrir lentement, car l'absence de vitesse ou la lenteur semble être ici la norme.
Cet univers ne se révèle qu'à ceux qui savent prendre le temps de le parcourir, d'en découvrir les secrets cachés, les recoins perdus, les chausse-trappes dissimulées.
Il faut s'y abandonner, s'y perdre pour en saisir toute sa grandeur minuscule ...


mardi 26 décembre 2017

Under Black Helmet - Impulsive behavior (2017)

La face sombre et martiale de la techno, celle qui fait oublier tout espoir de rédemption, celle qui se révèle au bout de la nuit, celle qui fait oublier les corps harassés.
Mais cette extase n'est pas sans péril, il faut en payer le prix et laisser une partie de son âme en contrepartie ...


lundi 25 décembre 2017

BB Boogie - Tell him (2000)

Un peu de funk déluré mâtiné de broken beat quoi de mieux en ce jour ?
Rien !
C'est luxuriant, dégingandé, explosif, frais, parfait pour éponger les excès de la veille.
Un véritable cocktail détoxifiant ...


samedi 23 décembre 2017

Flavien Berger & Gaspar Claus & Casper Clausen - The Machine (Contremachine Remix ) (2017)

Un peu de douceur et de chaleur au coin du feu alors que dehors il fait froid et il neige.
Entre downtempo doucement house et broken beat qui ne se prend pas au sérieux et une voix évoquant un succédané de The Jungle.
Alors on regarde le feu crépiter, les buches se consumer et la braise rougeoyer ...


vendredi 22 décembre 2017

Boy Harsher - Motion (2017)

Encore Boy Harsher !
D'un autre coté c'est de leur faute, ils ont encore sorti le track imparable.
Toujours une errance nocturne en duo.
Cette voix sensuelle, désabusée, nonchalante, séduisante, joueuse, mutine.
Musicalement c'est un assemblage hétéroclite, une base de Chris & Cosey pour le sombre, sensuel et vénéneux, un rythme EBM ralenti pour le brutal et  le rigorisme, enfin surnagent parfois une basse désinvolte semblant sortie d'un morceau d'italo-disco et quelques glapissements/soupirs rauques et masculins.
Au final, ça sent le stupre à plein nez et c'est addictif, un hit en puissance dans un monde parallèle ...


jeudi 21 décembre 2017

Dj Cam - Sang-lien (feat Ben) (1995)

Ambiance nocturne feutrée, poésie enfumée, relent de jazz, femme fatale
Le noir domine, s'insinue partout, recouvre tout, étend son emprise.
Des créatures nocturnes affamées se réveillent et se mettent en quête de ce qui leur semble indispensable.
Chaud, visqueux, carmin, sanguin en un mot.
Ce rouge foncé, touche de couleur contrastée dans ce noir omniprésent, les fascine au delà du raisonnable.
Fétichisme ou nécessité vitale ?


mercredi 20 décembre 2017

Z'ev - Untitled (2017)

Surement un des derniers morceaux composé par le percussionniste et artiste expérimental Z'ev très récemment disparu.
Une divagation sur fond de pluie.
Tiré de la compilation au titre, en quelque sorte, prémonitoire: "Waves of redemption".
Les vagues de la rédemption, sorte d'épitaphe pour ce mystique ...


mardi 19 décembre 2017

Boy Harsher - Pain (2014)

Bienvenue dans le monde sombre, sexuel, sensuel de Boy Harsher.
La musique est trouble, se complait dans le malaise.
Et puis il y a la voix de la chanteuse.
Une voix magnétique, chaude et pourtant impersonnelle, habitée, hantée presque.
Une voix qui pourrait raconter toutes les horreurs imaginables et que l'on trouverait toujours attractive et captivante.
Une voix qui chante l'amour, la rencontre, l'inconnu, la noirceur, la routine, la perte, l'abandon, la douleur.
La douleur qui brise la routine et semble faire sentir à la chanteuse qu'elle vit encore ou bien qu'elle est totalement masochiste ...


lundi 18 décembre 2017

Gérard Manset, Mark Lanegan - Cover Me With Flowers Of Mauve (Elégie Funèbre) (2014)

L'alliance de deux voix contrastées et complémentaires, celle éraillée, grave et cassée de Mark Lanegan et celle plus claire, vibrante légèrement chevrotante de Gérard Manset pour un chant poétique funèbre mi-blues mi-requiem.
Profond, solennel sans jamais sombrer dans le pathos.
Magnifique et définitif en deux mots ...


dimanche 17 décembre 2017

4E - Warm leatherette (1998)

Bienvenue dans le monde feutré, limite claustrophobe de 4E.
Un dub décharné, paradoxalement froid, impersonnel, rigide et pourtant en évolution perpétuelle, qui cependant se révèle envoutant dès lors que l'on se laisse emporter dans le labyrinthe de ses circonvolutions.
Le temps se distend, les perceptions se troublent, l'auditeur se perd avec délice et se complait dans cette débauche sonore.


samedi 16 décembre 2017

Exhausted Modern - Attain ataraxia (2017)

Il est grand temps de lancer la rubrique techno et philo.
La question du jour est: comment atteindre l'ataraxie, soit l'absence de trouble ou le calme de l'esprit ?
Vaste question à laquelle des générations de philosophes ont tenté de répondre, en vain.
Et pourtant la réponse était là, simple à base de boite à rythme, de synthé et de séquenceur.
Un peu froide et distanciée mais cependant apaisante ...


vendredi 15 décembre 2017

I:Cube - Le dub (1999)

Une certaine idée de la décontraction ne manque que du champagne, ah non en fait, tout va bien ...


jeudi 14 décembre 2017

Dj Spooky That Subliminal Kid - The Terran Invasion Of Alpha Cantauri Year 2794 (1996)

Alors pour faire simple c'est Erik Satie qui s'est perdu dans une jungle illbient touffue pleine de dub et de samples de breakbeat; il tente quelques préludes aux Gymnopédies pour se sortir de ce mauvais pas.
Ses contorsions sont relativement vaines mais plaisantes à regarder, puis d'un coup un avion passe par là, par hasard.
Erik se croit sauvé, puis il déchante, l'avion s'en va, suivant imperturbablement sa route, insensible à la détresse du musicien.
Cela ne fait pas rire notre pianiste minimaliste, qui du coup plutôt que se gausser décide de se gnoser.
La gnose sera son salut, car se connaissant mieux, il sauve son âme qui solidaire de son corps le sauve aussi.
Tout est bien qui fini bien ...


lundi 11 décembre 2017

Frédéric Galliano - Plis infinis No.3 (1997)

Une respiration de l'esprit, le moment salutaire pour mettre le cerveau sur pause; entre méditation zen électronique et free jazz ambiant.
Finalement, des plis infinis à peine plus longs qu'une vague hésitation ...


dimanche 10 décembre 2017

Noir Boy Georges - Messin plutôt que français (2014)

Dans la série des explorations joyeuses des villes de province de l'Est de la France, il y avait eu Saint-Dizier la rieuse et Sedan la joviale.
Metz être semble aussi une destination de premier choix question ambiance festive.
Les godelureaux de Scorpion Violente en sont originaires tout comme les accueillants Plastobéton, voilà qui pose un peu le cadre et qui provoque l'envie ...
Alors que propose Noir Boy Georges ?
Du bonheur, bien entendu !
Au programme: une boite à rythme détraquée, un synthé maison qui sonne comme un klaxon mal accordé et un gars qui déverse son optimisme, parfois il y a un solo qui vient égayer le tout.
Selon Noir Boy Georges l'avenir à Metz c'est devenir un clochard drogué survivant sous les ponts de la ville et buvant de la 8.6.
C'est fout l'optimisme qui se dégage de cette chanson, personnellement ça m'a donné une folle envie d'aller passer mes prochaines vacances à Metz, si en plus il pouvait faire moche et froid ce serait le pied !


vendredi 8 décembre 2017

Filastine - Juniper (remix of Y la Bamba) (2012)

Une ritournelle semblant surgir du passé qui serait passée à la moulinette d'un filtre moderne, la broyant, la concassant, la relisant.
Mais préservant sa substantifique moelle, son esprit originel.
L'essence même de l’œuvre de Filastine, cette juxtaposition de quelque chose de simple et d'ancien vu au travers du prisme destructeur/créateur de la modernité débridée.
L'émotion préservée dans la frénésie ...


mercredi 6 décembre 2017

African Head Charge - Beri version (1982/2016)

Quelque part entre divagations dub, errements de funk mutant  et tentatives contenues de jazz à la cool, le compagnon des fins de soirées d'abus, du trop de tout.
Le moment où se laisser aller devient une nécessité impérieuse ...


mardi 5 décembre 2017

Super Parquet - Le libertin/M'en revenant des noces (2015)

Alors qu'on les imaginerait en concurrents féroces de Premibel, Leroy Merlin, Lapeyre et autres magasins spécialisés dans la vente de revêtements de sol en lames de bois, les lascars de Super Parquet font de la musique, une activité beaucoup moins lucrative.
C'est gâcher !
Et ils font quoi comme musique ?
Selon leurs dires: de la bourrée psychédélique ...
Késako, la bourrée psychédélique ?
C'est très simple la bourrée psychédélique c'est un peu Giscard jouant de l'accordéon dans sa maison de retraite, comme au bon vieux temps, mais complètement défoncé au LSD, au Cantal entre-deux et à la potée auvergnate.
En un mot perché et très haut
Sur le papier ça semble très étrange je l'admets.
Concrètement l'alliance improbable c'est d'un drone à la roue à vielle électrique, d'une sorte de cornemuse hypnotique, d'un banjo monomaniaque, de putains d'effets électronique et d'un bon gros beat qui tabasse, le tout accompagné par des ritournelles traditionnelles chantées.
Ça envoie du lourd, ça part loin, une bonne dose d'énergie en perspective, de la transe musicale musicale ...

PS: M'en revenant des noce est une version de l'enfantin à la claire fontaine en version brindezingue ...



Soul Square - Live & uncut (2010)

Hip-hop luxuriant, gorgé de soul, de jazz, de scratch, samplant quelques classiques.
Instrumental sautillant et joyeux en à peine moins de 4 minutes, du pur bonheur sur platine.
Donc, "just listen to this" !


dimanche 3 décembre 2017

Lou Reed - Walk on the wild side (1972)

C'est l'heure de la pop jazzy de Lou Reed; de prime abord c'est doucereux, chaleureux, moelleux, capiteux.
On s'endormirait presque dans ce confort feutré propice à une sieste post-prandiale conséquence d'un repas familial dominical trop copieux, trop arrosé.
Mais quelque chose vient titiller le cerveau ensuqué, ralenti par les excès.
Derrière des dehors bonhommes tonton Lou est quand même en train de parler de travesti, de fellation, de prostitution et de drogue, sa pop jazzy est farcie au vice, à la luxure et à la débauche.
Alors prêt pour un tour vers la wild side ?
Peut-être que la sieste va virer orgie crapuleuse ...


vendredi 1 décembre 2017

Miles Davis - Ascenseur pour l'échafaud (1958)

Paris, la nuit, le calme apparent, la brume qui s'épand, le mystère qui se répand, la bruine qui s'infiltre, le froid qui transit.
Un voiture circule, semblant glisser, flotter même, lentement, errant sans but si ce n'est rouler pour atteindre l'aube.
Comme ça, c'est tout ...