Accéder au contenu principal

Ruby - Pine (1995)

Voici un album qui est beau.
Beau bien entendu dans le même sens que les œuvres de Bosch (je parle du peintre Jérôme Bosch, pas le Bosch de l'outillage électro-portatif, encore que les outils du second puissent permettre de mettre en pratique les peintures du premier), un beau monstrueux, une perfection dans l'étrange, le malsain.
Lors de sa sortie en 1995, quelques critiques avec de la merde dans les oreilles ou ayant trop hâtivement et mal écouté cet album, l'avaient rangé dans la catégorie trip-hop (??!!), mettant ainsi en évidence leur incompétence.
Les plus ouverts ayant du mal à classifier l'objet et délimitant son périmètre entre le downtempo (les beats de Paraffin et Salt water fish peuvent le laisser croire mais une écoute un peu plus longue et/ou attentive le dément rapidement), l'industriel et le jazz.
Y en a, mais pas que.
Ruby dévoile un album subtil à la fois vénéneux, colérique, apaisé (un peu), morbide, malsain, tourmenté, intime, introspectif, teinté de folie, de rage, de mélancolie.
Un pendant féminin à Nine Inch Nails (comparez Heidi et Hurt il y a comme un lien de parenté) en moins excessif et (hélas) moins reconnu, mais avec des obsessions et des sonorités partagées. Un lien de parenté avec Tricky peut aussi être envisagé.


Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

No Suicide Act - No Suicide Act (2023)

Bru(i)t X Noir Une arrivée, un retour aussi inattendu que bruitiste et engagé. L'association de FranXoa la voix des Bérus et de Madsaxx le saxo, d'entre-autres, Ukandanz pour un Ep constitué de 2 nouveaux titres et de 3 reprises des Bérurier Noir. La voix de FranXoa n'a pas changé, toujours aussi écorchée, enragée posée et forte. Le sax de Madsaxx est lui maltraité, trituré, déformé pour devenir un soufflement électronique saturé menaçant. Forcement une boite à rythmes vient assurer les beats. Au programme 4 reprises des Bérus, ou plutôt 4 relectures avec actualisation des paroles afin de rester dans l'air du temps et un nouveau track.  Un Nada 2024 inaugural qui ne lâche rien aux préoccupations de l'instant les milichiens sont toujours là mais le contrôle est facial et social, la NSA n'est pas loin ...  Suit le peu connu En Pensant , plus posé musicalement mais très tourmenté dans ses thématiques.  Arrive l'inédit Death Life Blues sorte d'hommag...

Gary Clail & On-U Sound System - Behind every fortune (1993)

Le dub synthétique lentement chaloupé et enveloppant de Gary Clail et la voix chaude et profonde de Bim Sherman pour les prémices d'un sommeil apaisé, emprunt de justice sociale où les prolétaires de tous pays s'uniraient pour faire du passé table rase et voir venir le temps de cerises ...

REGIS - Blood witness (2011/2015)

C'est officiel, tous les Régis ne sont pas des cons , enfin il y a au moins une exception. Celui-ci délivre une musique profonde et sombre aux confins de l'industriel et de la techno. Quelque chose d'à la fois inquiétant et rassurant, inquiétant car abrasif et menaçant, rassurant car filtré comme dans un utérus protecteur. Maternel et pervers, un paradoxe en mouvement. Manbait by REGIS