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Chromatics - Night drive (2007)

Voici la suite (la fin ?) de ce voyage automobile. Cette fois les protagonistes sont cette fois les Chromatics, sympathique groupe de Portland mené principalement par Johnny Jewel (mais pas que). Le titre Night drive , la thématique le coucher de soleil, la conduite, la solitude. La musique, sorte de disco codéinée, lente, sensuelle, nocturne; tenant par un contraste entre la froideur quasi clinique de la rythmique, la répétitivité de la guitare, les cordes synthétique plaintives et la chaleur de la voix, distanciée et feutrée, ainsi que la basse.

Buzzcocks - Fast cars (1978)

Quitte à conduire à l'aveugle (voir post précédent) autant avoir une voiture rapide afin de précipiter l'inexorable. Les Buzzcocks , mes héros du jour, me fournissent la bande son de ce carnage à venir: Fast cars , 2 minutes 26 secondes de trajet. Un morceau punk et classe bien ficelé, qui contrairement à ce que son titre pourrait laisser penser, est tout sauf une déclaration d'amour aux bolides rapides. Une guitare nerveuse, une batterie vive et une basse véloce appuient le chanteur qui malgré une voix un peu nasillarde ne parvient pas à saloper le titre. Du grand art. PS: En cas de volonté d'investissement dans un des opus des Buzzcocks mieux vaut choisir Products qui résente l'avantage de combiner leurs premiers albums/singles ... en 3 cds ou 5 vinyles (ce dernier coffret étant notablement plus dispendieux et rare).

Chris & Cosey - Driving Blind (1984)

La provocation sonore, visuelle, conceptuelle de Throbbing Gristle est moins présente; Chris & Cosey s'éloignent ici de l'esthétique industrielle pure pour entrer dans quelque chose de moins directement dérangeant mais finalement plus vénéneux. Ce titre, tiré de leur album Songs of love and lust, propose groove languide, insidieux, basique, minimal, libidineux, nocturne, répétitif mais bancal (du Kraftwerk sans la rigueur) appuyé par la voix sensuelle et distanciée de Cosey. Comme souvent chez Chris & Cosey le rythme peut sembler simple (voire simpliste) pourtant il est entêtant, hypnotique presque, accentué par la mélodie anémique et le chant désabusé. A écouter en fin de nuit, sur une route déserte, pour avoir cette impression d'être seul au monde et pouvoir conduire à l'aveugle. Mais où mène cette route ? Est-elle un commencement, une fin, un passage ?

Charlie Hunter Quartet feat Mos Def - Creole (2001)

Creole c'est un peu de douceur jazzy/soul. Une rythmique carrée, sans être tapageuse, un sax discret, constituent un écrin pour la guitare toute en finesse et en retenue de Charlie Hunter. Là dessus vient s'ajouter la voix de Mos Def, subtile elle aussi, sans esbroufe. Un morceau parfait pour une fin d'après midi en toute quiétude; reste à trouver avec quoi l'enchainer ?

Jon Hassell - Blues Nile (Archive version)

Jon Hassell , inventeur de la Fourth World musique ou musique future primitive (un mélange de world musique, la vraie pas la soupe du tube estival annuel promu par un vendeur de temps de cerveau disponible, et de techniques modernes de traitement du son), sort en 1977 son 1er album. Ce titre en est extrait (enfin presque; c'est une version alternative qui n'est pas sur l'album). Un drone , de la trompette pas toujours reconnaissable, mais c'est cela la trompette Fourth World une technique ancestrale  de souffle continu et des effets modernes (delay, écho, électronique ...) et du minimalisme inspiré de Riley, Reich, Young ... Donc drone, trompette et c'est parti pour un lent voyage, de plus de 9 minutes, le long du Nil. Un blues spécial sur une Égypte fantasmée, mystérieuse et sombre, inquiétante même parfois, mais toujours envoutante et magique (c'est aussi ça Fourth World).

Les Négresses Vertes - Face à la mer

Un peu de beauté crue avec cette chanson des Négresses Vertes. Les groupe y est simplement résumé. Mélancolie,  mort, surnaturel, simplicité, poésie, soleil du sud, mer, mélodie. Tout concourt à la tristesse tant la thématique que la mélodie, pourtant étrangement c'est presque une impression, non pas de gaité, mais de tranquillité et de plénitude qui s'en dégage. Massive Attack se charge d'un remix, exercice périlleux parfois, avec brio; le groupe réussit à préserver l'ambiance du titre original tout en y ajoutant sa touche distinctive.

Placebo - Mars Landing Party (1998)

Placebo est un groupe qui porte bien son nom, un médicament neutre sans effet démontré prescrit pour plaire au patient, pour reprendre une définition pharmacologique. Certes ils ont écrit quelques chansons sympathiques, bien ficelées, expérimenté quelques trucs, avec de l'électronique, des samples, produit des titres efficaces basse/guitare/batterie; il y a toujours eu une sorte de concept et d'imagerie autours du groupe. Néanmoins tout cela fait un peu "concept marketing/commercial": trop beau pour être honnête! Cependant parmi leurs morceaux un peu attendus il y a, perdu sur un single, au milieu leur conséquente discographie un court OVNI. 1 minute 45 seconde de bossa nova appuyée par un riff d'orgue fluet et des paroles décalées, véritable ode au toucher rectal le tout avec un titre adéquat: Mars Landing Party. Parfois la magie d'un groupe tient à peu de choses ...

A Dark place with sun rays

Ce mix te conduiras auprès de savants fous, dans leur monde froid et déshumanisé, tu côtoieras des vampires dans les bayous, tu te promèneras dans la chaleur des souks moyen-orientaux. Ce sera parfois un monde oppressant, sombre et sourd dardé de rires démoniaques, d'ambiances fantastiques; mais aussi parfois une clarté stellaire, une voix, un rythme, un accord. Ils apparaissent mais pas forcement dans cet ordre: Shackleton, Arpanet, Aphex Twin, Scorn, Liminal, Burial, Detroit Grand Pubah, Unit, Dr John, Dead Can Dance, Dj Cheb i Sabbah, Spectre, Dj Spooky, Photek ... Le lien

Deep & Jazzy House

Rien de tel qu'un peu de deep house, de house bien jazzy pour ensoleiller une journée nuageuse. Au programme Chez Damier, Moodymann, Ron Trent (special thanks to El Frank), Motorbass et bien d'autres ... Y a quoi ici ?

Donna Summer - Love to love you baby (U Mulateru winter re-edit)

Un post un peu opportuniste.  Dans l'ensemble je ne suis pas un grand fan de disco, après tout dépend de ce que disco recouvre (si on évite le putassier juvésien, le trop grandiloquent abbaesque ou le grotesque village people et leurs clones divers et (a)variés). Dans le cas présent j'aime bien, c'est sensuel, sexuel, moustachu, orgiaque, ça sent le stupre, la sueur, le boogie night fever, le pantalon moule burnes, la robe échancrée ... Bref c'est de bon augure ! En plus comme je l'ai redécoupé plus à mon goût c'est encore mieux !

Dudley Perkins - Falling (2002)

Tiré de son premier album sur Stone Throw, un texte engagé qui commence comme un simple jour de pluie, puis tout se dégrade face à son constat sur l'état du monde, heureusement l'espoir reste présent; une prod de Madlib au mieux de sa forme (aidé par un sample magnifique et bien travaillé), une rythmique bien travaillé qui s'accorde avec la voix et voici un morceau rare sensible et beau.

Playlist trankilou de printemps

Bran Van 3000 : Drinkin in L.A , "we did nothing absolutly buttkiss that day" si ce n'est pas de l'aphorisme de branleur ça ! Une bonne chanson de glandeur pour commencer il n'y a rien de tel. Mister Modo Ugly Mac Beer Jessica Fitoussi : Not afraid , un p'tit beat sympa, deux samples bien ficelés, une belle voix, 3 minutes de bonheur. Samia Farah : Cool , tout est dans le titre, une bonne basse, la jamaïcan vibe, une douce voix et hop ! Curtis Mayfield : Right on for the darkness , démarrage tout en douceur avec un p'tit riff tout simple et puis ça monte, ça monte pendant 7 minutes, avec un passage plateau plus calme certes, apothéose en cordes majeures. Silicone Soul : Right on 4 tha darkness , du bon usage du sample voir ci dessus pour la source, n'écouter que cette version , les autres ressemble à un  concours de remixes ou le putassier et le vulgaire se disputent la vedette. Round Four feat Tikiman : Find a way , une pulsation métronomique so...

MF Doom - MM..food (2004)

MF Doom artiste hip-hop masqué et prolifique, tant en nombre de productions que de pseudos. Il signe avec Mm..food son deuxième album, plutôt pas mal au demeurant. Un flow désabusé, bancal, limite jeanfoutre mais qui colle parfaitement à ses productions brinquebalantes, faites de samples de séries Z, dans le meilleur des cas, de bras cassés du jazz, d'extraits de dialogues des 4 fantastiques (vraisemblablement les dessins animés), toujours au bord du dérapage incontrôlé (samples qui semblent mal calés, mal découpés, beat un peu à côté, voix pas génialement placée, scratchs limites, cuts sauvages ... ). Et pourtant finalement en dépit du bon sens, qui voudrait une chute lamentable, une vautrade d’anthologie, tout s'enchaine bien, sonne juste. Un bémol néanmoins, si Doom est prolifique, il n'en reste pas moins un recycleur de ses œuvres, du coup certains morceaux ont un air de déjà entendu (si vous avez ses autres productions bien sur).

Brazilica !

" Brazilica ! " peut-être une des meilleures compilations de musique brésilienne/bossa nova/jazz. Profitant de la vague acid jazz des années 90 et de la renommée grandissante de son label (Talkin' Loud), Gilles Peterson, accompagné de Joe Davis accomplit un magnifique travail de recherche, de sélection pour nous proposer un panorama varié de la musique brésilienne des années 60 aux années 70, bossa , batucada, jazz ... Gilles Peterson récidivera en 2011 avec " Bossa Nova and the rise of brazilan music in the 60's " sur le label Soul Jazz Records; très bonne compile une fois de plus mais plus limitative (60's), à noter sur cette dernière le magnifique livret.

Jah Stich - Original Ragga Muffin (1975-77)

Un backing band du tonnerre (The Aggrovators), une top production (Bunny Lee), des ingé son pas manchots (King Tubby, Prince Jammy, soit le maitre et son disciple) et puis la voix de Jah Stitch, avec suffisamment de personnalité, de présence, de charisme, pour porter les compositions. Bref du reggae roots/dub de bon aloi. Par contre un vinyle qui a souffert, acheté dans un lot, il a connu l'humidité, la poussière, l'infamie de la boue même (si c'est possible !). Un bon nettoyage fut nécessaire pour lui redonner un semblant de sonorité, une numérisation puis un nettoyage numérique permirent enfin une écoute digne de ce nom.

Pascal Comelade - Musiques pour films vol 2

Que dire, qu'il s'agit de musiques de films qui ne sont jamais passées dans les films pour lesquels elles ont été composées (en même temps de quels films s'agit-il ?) sauf une. Qu'il s'agit d'un volume 2 alors qu'aucun volume 1 n'existe ! Que bien qu'inédits certains morceaux sont connus (Historia d'un amor et Paint it black, on a connu plus inédit). Que Pascal Comelade aime bien brouiller les pistes, nous perdre, pour notre plus grand plaisir. Des morceaux qui oscillent entre musique enfantine, musique populaire traditionnelle, musique expérimentale, odes au piano et à la guitare jouets, symphonies d'élastiques, krautrock sans choux ni rock, musiques de génériques de Strip tease (l'émission de France 3, pas les effeuillages coquins, oui il y a pour moi une parenté entre le générique de cette émission et le titre Péplum bien qu'ils soient différents). A défaut d'illustrer de vrais films il nous offre un voyage à la fois simp...

Arthur H - Trouble-fête (1996)

Sorti en pleine vague trip-hop au milieu des années 90, ce disque aurait bien pu être assimilé à une tentative française de coller à l'inventivité musicale de la perfide Albion. Ce serait réducteur. Arthur H mérite mieux, certes ce disque nous propose une ambiance feutrée, un peu brumeuse et languide; mais à la différence des grands bretons les instruments sont joués live, le recours aux samples est rare. L'inspiration ne vient pas du hip-hop mais dérive plutôt du jazz, comme souvent sur ses premiers albums. Et puis il y a les textes allant du classique de la littérature française (Salammbô) au presque surréaliste ( La femme idéale , La Tour Eiffel sidérale) toujours poétique et parfaitement accompagnés par des musiques pertinentes.

Moodymann - Forevernevermore (2000)

Si David G et Bob S sont vos seules "références" en matière de house, il est tant de remédier à cela et d'élargir votre horizon musical. Non la house n'est pas qu'une musique de simplets chargés comme des mules au red bull, associé à divers alcool,s ne pensant que mode, iphone, facebook et autres nécessités de la vie moderne. Avant tout un détour par la case deep house s'impose. Un arrêt Moodymann est nécessaire. Pour aujourd'hui ce sera Forevernevermore son troisième album. Qu'est-ce-que la Deep house ? Une musique sur laquelle danser, certes, mais c'est avant tout une musique avec une âme (que les 2 sus-nommés, David et Bob pour mémoire, ont vendue en échange de la gloire et de l'argent ( aussi , surtout ). Il y a des incantations gospel, du sexe, des percussions, de la sueur, du stupre, du "preaching", du rythme, du sax, de la ferveur, des voix habitées et envoutantes, de la tristesse et de la joie également, c'est d...

Carl Craig - Landcrusing (1995)

Kraftwerk a un enfant: Carl Craig . Ce dernier s'est inspiré de ses géniteurs pour cet album un peu d' Autobahn et de Trans Europe Express pour ce Landcruising . La même thématique du voyage, routier ou ferroviaire qu'importe après tout, avec une différence malgré tout celui de Carl Craig me semble plus nocturne, plus éthéré, plus onirique, totalement instrumental. Une BOF d'un film imaginaire totalement mental, toujours avec ce supplément d'âme si caractéristique d'une techno "à l'ancienne" propre à Detroit. Il va quand même que je confronte cet album à son auto edit/remix de 1995: The album formely known as ...

Rose Croix - Rose croix

Une cassette ! J'ai acheté une cassette en 2012, bon en même temps elle n'existe que sous ce format*. Décrire la chose: un mélange de Dead Can dance pour l'ambiance et la voix, avec une rythmique plus prononcée limite industrielle, je ne me suis pas trop foulé pour la description j'ai quasiment tout pompé sur le descriptif du label. *édit: j'ai maintenant la version vinyle en plus, ils ont enfin eu le bon goût de l'éditer sous ce format. Rose Croix by Rose Croix

Playlist de janvier

Pressure Drop: My friend Goldie:Sea of tears Dashiell Hedayat: Long song for Zelda Curtis Mayfield: Right on for the darkness Gojasufi: Ancestors The Heliocentrics: Distant star (Instrumental) Kode 9: Victims Les Négresses Vertes: Face à la mer Morphine: Miles Davis Funeral Gravetemple: The holy down

Direction le soleil

Little by little the night turns around. Counting the leaves which tremble at dawn Lotuses lean on each other in yearning Under the eaves the swallow is resting Set the controls for the heart of the sun. Over the mountain watching the watcher. Breaking the darkness, waking the grapevine. One inch of love is one inch of shadow Love is the shadow that ripens the wine. Set the controls for the heart of the sun. The heart of the sun, the heart of the sun. Witness the man who raves at the wall Making the shape of his questions to Heaven Whether the sun will fall in the evening Will he remember the lesson of giving? Set the controls for the heart of the sun. The heart of the sun, the heart of the sun

Portishead - Chase the tear

Arrivé aujoud'hui ; Portishead version krautrock (à la Portishead quand même, ça ne suit pas la stricte orthodoxie allemande) à l'instar de quelques morceaux de leur dernier album. 2 titres: celui éponyme en face A, très bon et un remix en face B, beaucoup plus dispensable.