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Articles

Leila - Underwaters (one for Keni) (1998)

Alors qu'au dehors une neige fine mais drue tombe, que l'horizon des montagnes s'estompe et devient un ni près ni loin vague d'où seuls quelques points sombre surnagent, on apprécie ce spectacle assis dans un fauteuil, derrière une vitre, au coin d'un feu, un thé chaud fumant sur une table basse. Il faudra bien sortir à un moment, mais rien ne presse pour l'instant. Et puis il y a cette musique à peine mélancolique, un peu froide, la musique de la neige qui tombe lentement ...

Sylphides - Last forever (2018)

Comment la répétition au lieu d'être ennuyeuse devient fascinante. C'est peut-être grâce aux voix susurrées, presque soufflées, à moins que ce ne soit la mélodie anémique, presque absente, ou encore la rythmique, presque entrainante ... Cinema by Sylphides

The Cramps - She said (1981)

Une certaine idée du rudimentaire, de l'approximatif et du basique. Une mélodie brute de décoffrage, un chanteur qui pourrait être un redneck échappé d'un asile, ou au moins un gars qui chante avec des pierre dans la bouche tel un Démosthène moderne du rock ... Que faut-il en attendre ? Pas grand chose si ce n'est un plaisir fruste, immédiat et jouissif. C'est déjà pas mal ...

Télépopmusik - Love can damage your health (2001)

Une vague réminiscence de "Summer time" (mais ce n'est peut-être qu'une vision de mon oreille), une voix légèrement éraillée et attachante. Une impression de douceur, d'été qui fini, de cocon en coton, chaleureux. Puis tout se calme, s'apaise. Et là démarre une sorte de bonus, une version dépouillée, jazzy et raccourcie de "Breathe"; enfin un pneumologue intime en anglais l'ordre de respirer, puis d'arrêter de respirer, puis de recommencer, puis d'arrêter à nouveau. Pas trop longtemps on espère ...

Anna Von Hausswolff - The mysterious vanishing of Electra (2018)

Répétitif, roboratif et plombé musicalement, expédié dans une autre dimension par les vocaux possédés et hantés d'Anna Von Hausswolff. Une sorte de transe dont elle serait la prêtresse, l'exécutrice, d'un culte à mystère réhabilité qui révèrerait les divinités chthoniennes primales et oubliées.

Kraftwerk - Les mannequins (1974/2004)

On leur passe devant en les ignorant encore plus que des SDF. On ne les méprise même pas. Ils nous indiffèrent, pourtant ils nous ressemblent, en un peu idéalisés, ne vieillissant pas, toujours sveltes, musclés, bien gaulés, à la fois très humains et totalement déshumanisés. Généralement ils sont vêtus de ce qui est sensé nous faire envie. Les mannequins, immobiles dans les vitrines des magasins. Enfin c'est ce que nous croyons. Car une fois la nuit tombée et les magasins fermés ils s'animent, se mettent à bouger, subrepticement, lentement, se révoltent, veulent leur indépendance. Puis en bons soldats de la société de consommation dont ils portent hauts et beau les atours, ils vont faire la fête en club pour oublier leur condition et s'enivrer de danse; Et si nous étions en fait eux ?

TG Gondard - Ecstasy (2018)

C'est l'histoire d'un couple à la vie particulière. Drogués ils se défoncent à l'ecstasy, avec les risques inhérents à cette drogue: rester québlo. C'est ce qui leur arrive. Bonne patte le lascar prend soin de sa compagne, l'accompagne chez le psy, lui refile son ecsta, la borde dans son lit; puis pris de flemme ou de lucidité envers la société qui l'entoure il décide lui aussi de rester québlo. Depuis ils coulent une existence paisible, hors du temps et des turpitudes dans leur lit ... Du hip-hop perché et un poil dépressif ! Le Syndicat des Scorpions by TG Gondard

Nou - Coco butta (2005)

Ça ne vole pas très haut, c'est basique mais terriblement efficace. Et puis on s'en fout c'est dimanche, donc c'est permis !

dEUS - Fell oof the floor, man (1996)

Un grand huit auditif, où l'on trouve une sorte de funk vaguement rappé à des explosions de riffs de guitare en passant pas des relents de sonorités électroniques cheap. Jubilatoire et entêtant ...

Massive Attack - Safe from harm (1991)

C'est l'histoire d'un jeudi qui fourbement s'est déguisé en vendredi. Et ce n'est pas sympa ! Bon pour se faire pardonner il a revêtu ses plus beaux atours chatoyants. Du coup on lui pardonne ...

Wallias Band - Muziqawi silt (1977/2002)

Un peu de groove Éthiopien languide, lancinant, envoutant, enfiévré, contenu, impatient, doux-amer, débridé. Une terre de contraste ... PS: ne pas oublier la présence d' Hailu Mergia

Lloyd Miller / The Press Key Quartet - Gözel Güzler (version II) (1968/2009)

Suivre la mélodie ensorcelante et chaloupée, se perdre dans ses arabesques orientales, puis se rendre compte que subtilement un motif jazz s'y intègre. Diaphane ... A Lifetime In Oriental Jazz by Press Keys Quartet

Pascal Comelade - Besame mucho (1994)

L'art du dépouillement avec un piano jouet ...

Holy Motors - Honeymooning (2018)

S'il y avait une musique dédiée à regarder la neige fondre au soleil, Honeymooning des Holy Motors serait assez idéale. Lent comme des gouttes qui ruissellent, alliant un chaud/froid contrasté, suintant un relent de Wicked game pour la musique et un soupçon de Sweet Jane version Cowboys Junkies pour la voix. Une ode à l'indispensable contemplation inutile du futile ... Slow Sundown by Holy Motors

Latyrx - Balcony beach (1997)

C'est un gars qui fait le point sur sa vie après ce qui semble être une rupture. Maussade, il se dirige vers un front de mer, s'accoude à une rambarde, se met à contempler les vagues, puis à gamberger, comme hypnotisé par leur ressac incessant. Il se prend la tête, s'introspecte, fait un bilan de sa vie, constate,  ... cela, toujours, sur fond de vagues (à l'âme ?). L'espoir persiste tenu, il entend une voix qui lui susurre que tout n'est pas perdu, que cela peut recommencer, qu'il faut de la patience, du temps, qu' "on a vu souvent rejaillir le feu de l'ancien volcan qu'on croyait trop vieux" ....

Dopplereffekt - Pornoactress (1999)

C'est l'histoire d'un voyeur presque pudique, derrière son écran, qui "rencontre" une exhibitionniste rêvant de célébrité acquise à la force du poignet et chèrement payée ... 

Red Snapper - Crusoe takes a trip (1996)

Robinson Crusoé avait beau se la couler douce sur son île à siroter des piña colada en se faisant bronzer sur son hamac, à faire des choses sexuelles avec Vendredi et à trucider des poissons à coup de harpons, il se faisait quand même bien chier comme un rat mort. Alors un jour il en a eu marre. Il s'est gobé un peu d'ecsta maison à base d'huile essentielle de sassafras (heureusement qu'il avait son manuel du petit chimiste), il a mis de l'essence de coco dans son hydravion en bambou et il a pris le large, pour un long trip ...

The Limiñanas - Dimanche (feat Bertrand Belin) (Laurent Garnier remix) (2018)

C'est l'histoire d'un gars qui a une amie. Jusque là rien d'extraordinaire. Sauf que cette amie a deux noms, ce qui n'aide pas à l'appeler; en plus elle est un peu girouette parfois, inconstante même. Le pire c'est qu'elle a la fâcheuse tendance à oublier de venir prendre le train ... Un peu surréaliste mais totalement hypnotique, magnifié par le remix entêtant de Laurent Garnier. Une histoire de Dimanche presque Godotesque qu'il faut ,bien entendu, évoquer un Samedi ...

Ignatus - Un travail (2017)

Tout le monde en veut, ceux qui en ont veulent le garder, ceux qui n'en n'ont pas en veulent voire aimeraient prendre celui de ceux qui en ont ... Ce serait le Graal, l'accomplissement suprême. Ce bien devenant rare, précieux c'est le travail. Et si en fait ce n'était qu'une vaste fumisterie, une escroquerie sans nom. Non c'est vrai travailler c'est certes un salaire, éventuellement une reconnaissance sociale, mais c'est quand même une sorte de prison volontaire, une geôle plus ou moins choisie et essentiellement subie. Travailler c'est se priver de la liberté de flâner, de rêver, de penser, de ne rien faire hormis subvenir à ses besoins primaires et animal. Le travail c'est une sorte d'aliénation C'est un peu ce qu'Ignatus raconte, reprenant un peu les idées de Marx, hélas tombées en désuétude ...

Smoke City - Underwater love (1997)

Et puis d'un coup ce fut bien ! Aérien et aquatique en même temps ... Sans compter cette odeur de forêt sauvage, enivrante. La rencontre entre une guitare répétitive, un rythme quasi hip-hop submergé par un déluge de percussions, ce clavier discret mais hypnotique et puis cette voix tour à tour frêle, enjôleuse, suave, puissante, affirmée mais toujours majestueuse. Un voyage au pays fantasmagorique des sirènes d'un autre Brésil ...

Nirvana - The man who sold the world (MTV unplugged) (1994)

Bon, si on excepte le gilet en poils de culs de Kurt et le tee-shirt a col roulé de Dave, on est proche de la perfection, non ?

Motörhead - Ace of spades (1980)

1974, Couilly Pont Aux Dames, Elsa Chubirier, 12 ans, entend le groupe Abba à la radio. C'est une révélation dans sa vie, elle entrevoit son futur, sa destinée. Dès lors elle n'a plus qu'un seul but écrire le titre Ace Of Spades du groupe Motörhead. Très vite elle se rend compte que la tâche va être ardue, car premièrement elle n'est pas Lemmy, deuxièmement elle n'y connait rien à la musique, elle ne sait même pas à quoi une basse ressemble et en plus il ne lui reste plus que 6 ans pour y arriver. Bref c'est mal barré ! Mais Elsa n'est pas du genre à baisser les bras, elle décide tout d'abord de se laisser pousser la barbe et la moustache, elle va ensuite consulter un dermatologue pour se faire rajouter une verrue géante sur la joue, tout cela en moins d'un an. Ensuite elle apprend la musique durant 2 ans et devient une compositrice aguerrie et jalousée de tous dans son petit village. Reste le problème principal devenir Lemmy, c'est là que...

Lieu Noir - P​.​R​.​O​.​F​.​I​.​T ฿ (2018)

Finalement ça a mal tourné, on s'est fait ratatiner, dézinguer, exterminer comme des grosses merdes par les Predators. Un désastre d'un point de vue humain. Mais on s'est vengé, on les a pervertis ... Regardez-les, ils sont pathétiques, défoncés au Purple drank et au Xanax, bedonnants à force de bouffer trop gras, trop sucré et trop salé, n'arrivant même plus à bander tellement leurs artères pleines de plaques d'athérome. Désœuvrés ils passent leurs soirée à glander dans des clubs de strip-tease glauques à mater des Predatrices à moitié obèses tenter d'aussi lascives que grotesques poses aguicheuses. Ils terminent leurs soirées déchirés, la gueule pleine de vomi, vautrés dans un tas de détritus. De ce club s'échappe une musique indolente, répétitive, un peu triste, un peu vaine, ils s'y complaisent. En pleine déliquescence et pathétiques ces bestioles belliqueuses ... CRAVE / LIEU NOIR by MIND Records

Jérôme Minière - Défilés clandestins (1998)

L'heure n'est plus au grandes manifestations publiques, plus personne n'y vient ! Non il faut faire ça de manière plus subreptice, plus insidieuse, saboter de l'intérieur, l'air de rien. Il faut montrer son désaccord, son refus plus radicalement et plus discrètement sans rien laisser paraitre. À titre personnel, je manifeste seul, sans banderole, ni slogan, je marche dans la rue, l'air renfrogné et déterminé. Bien entendu je ne demande aucune permission, je m'arroge le droit de protester, partout, tout le temps, contre tout. C'est ça un défilé clandestin ! La grande question est de savoir si c'est efficace ? Peut-être si ça se trouve nous sommes des millions chaque jour à montrer en toute discrétion, dans l'anonymat le plus total, notre opposition, ça finira par porter ses fruits ...

U Mulateru - Erik danse dans le brouillard (mixtape) (2018)

Erik aime danser, Erik aime le brouillard, Erik aime danser dans le brouillard. Voici sa bande son ...

Pessimist - Bloom (2017)

Ode à la lenteur, à la pesanteur, au poisseux, au morbide et au glauque. En même temps le gars s'appelle Pessimist ... Un bon week-end en perspective ... Pessimist by PESSIMIST

The Fall - Pay your rates (1980)

"Affreux, sale et méchant" , mais aussi atrabilaire et dipsomaniaque, Mark E Smith est néanmoins mort et c'est quand même dommage.

Shogun - Together (1996)

Un voyage inter-stellaire à la vitesse de la lumière, une exploration des galaxies lointaines, succomber à la beauté de la nébuleuse d'Orion, voir imploser une supernova, se perdre dans les confins de la voie lactée. Tous ces voyages semblent possibles à l'écoute de Together. Puis la rêverie impossible, s'estompe, le réel reprend ses droits, hélas ...

Stereolab - L'enfer des formes (1994)

Ayez confiance, votre gouvernement travaille pour votre bien-être, dormez tranquille. Bon parfois votre sommeil est un peu agité, les cauchemars se succèdent. Puis vous vous réveillez, ce n'était pas un cauchemar ... Mars Audiac Quintet by Stereolab

Dr John - I Walk On Guilded Splinters (1968)

Une marche, lancinante, hypnotique, peuplée de créatures étranges. Pourquoi cette errance, ce cheminement ? Une célébration religieuse, un pèlerinage dévotionnel, un rituel mystique. Peut-être un dessein plus macabre, l'ombre du vaudou, inquiétante ...

Rodolphe Burger - Je tourne (2008)

La chaleur bancale d'une sorte de blues philosophique et giratoire, teinté de délires mathématiques. Cela me fais au moins un point commun avec Rodolphe Burger: cette propension à vouloir faire des suites de nombre. Bon moi généralement c'est quand je suis malade, accablé par la fièvre et que je délire à moitié. J'en viens à tenter, inutilement et sans fin, de résoudre des opérations mathématiques qui bien entendu me semblent d'une importance vitale. Forcement, il y a toujours une erreur et je recommence mon labeur, tel un Sisyphe du nombre. À cela il faut ajouter l'impression de choir dans une sorte de spirale rougeoyante pleine de phosphènes, une sensation oppression et de chaleur et la certitude d'une fin imminente, bref moi aussi "je tourne, je perds le contact (...) je suis dans une suite de nombres. Heureusement, arrivé à ce point je me réveille, je bois de l'eau et prends un antipyrétique; puis cela va mieux. Enfin pour quelques temps ......

CoH - Red square (2011)

Une intro douce, une quasi espagnolade. Puis un riff métallique, désincarné, mutant, trafiqué, empli de violence et de rudesse, primal, nerveux et tendu, monolithique mais cependant évolutif car contre balancé d'électronique. En même temps très brut et très élaboré. Vif et acéré tel un félin, sinueux et serpentant tel un reptile, puissant et posé comme un ours, un véritable bestiaire à lui tout seul. La quintessence de la colère froide et de l'agression gratuite ...

Swell - Is that important ? (1994)

Une question primordiale, existentielle presque: is that important ? En fait surement pas et c'est même vraisemblablement futile, mais bon, peut-être sait-on jamais ...

Pépe - Lemon Fanta (2017)

Voilà qui me ferait presque aimer le Fanta citron (c'est quand même assez ignoble il faut l'admettre). Simple, entrainant et un peu triste, le cocktail parfait. Lemon Fanta by Pépe

Arthur H - La boxeuse amoureuse (2018)

Un piano étrangement calme égraine ses notes apaisées et se mêle à une stridence voilée d'un instrument à corde. S'ajoute la voix grave, profonde, légèrement éraillée et voilée, à la puissance contenue d'Arthur H, puis cette voix s'envole avec élégance dans les aigus, un peu par surprise mais avec douceur. Cette voix plane, survole, virevolte, gire, dessine des arabesques fantasques nimbée dans un écrin musical de grâce et de sérénité. Elle raconte avec émotion et sensibilité l'histoire d'une femme qui combat, qui lutte, qui résiste, qui aime, qui s'obstine, qui vit ...

Terekke - Tack (2017)

Planer entouré de nuages, se sentir enveloppé, en sécurité dans un cocon cotonneux et parfois pouvoir regarder défiler en bas le paysage miniature, distant. Juste cette impression de liberté, de détachement et de quiétude en apesanteur ... Plant Age by Terekke

Patricia - Josephine (2013)

Une berceuse viciée, qui au lieu de préparer à un sommeil apaisé, serait plutôt le prélude à une nuit tourmentée voire cauchemardesque. Un semblant de calme, s'installe puis des grains de sable parasites viennent gripper la machine à rêves et entrainent l'auditeur vers une léthargie plus incertaine et tumultueuse ...

Piero Umiliani - Open space (1970/1973)

De l'insouciance, de la légèreté, un brin de folie et une once de surprise. C'est quitter Rome à bord d'une Alfa Romeo Spider au milieu de la nuit, cheveux au vent, bien accompagné, des bouteilles de Champagne pour tenir la distance. Direction la mer, puis longer la côte, glisser jusqu'au petit matin. La musique à fond jusqu'à ce que ivre d'alcool, de vitesse, de liberté et de fatigue il faille s'arrêter, surtout à cause d'une panne d'essence. Une belle folie, qui en valait la peine ...

Jimi Tenor - Atlantis (1997)

Une histoire d'ambiance ... Du swing, de la classe, une pointe de suavité et lenteur pour un résultat à la limite du grandiloquent mais flirtant surtout avec le grandiose et le classieux. Une douceur pour les oreilles à la recherche des cités englouties ...

Detboi - Secret venom (2017)

Detboi  ne pouvait pas faire de la musique joyeuse, pas après ce qu'il avait vécu. Une enfance chaotique passer à élever des morpions sur ses parties génitales. Des études de nettoyeur de lisier ratées après qu'il ait failli se noyer dans la cuve de décantation. Une première expérience professionnelle de testeur de thermomètres rectaux qui a mal tourné suite à une pénurie de lubrifiant. Bref une suite de ratages aussi risibles que pathétiques. Il trouvera finalement son salut dans une jungle sombre, sèche, martiale, digne héritière des Source Direct, J Majik, Dilinja et consorts. META054 - Secrets EP by Detboi

Sonic Youth - Shadow of a doubt (1986)

Pas de doute, elle plane l'ombre d'Alfred, une rencontre, un train, un échange ... Rêve, réalité, elle subsiste l'ombre du doute ... Un baiser sur un mal-entendu, a-t-il eu lieu, des dénégations, un fantasme, elle revient, l'ombre d'un doute ...

Dale Cooper Quartet & The Dictaphones - Pemp Ajour Imposte (2017)

Où il est question d'amour et d'élongation vaporeuse du temps sur fond de jazz alangui et de voix parcimonieuse de crooner, mais aussi de soupirs ... Toujours une musique de nuit par gens non pressés ...

Identified Patient & Sophie Du Palais - Peaceful panic (2017)

Une histoire de contraste, de tension et d'interdit à braver ... De l'électro froide, cinglante et mécanique derrière laquelle une voix féminine vénéneuse, voilée et presque irréelle se glisse ... Une invitation à un voyage initiatique vers de nouveaux mystères ... Aborting Your Dreams [PBD10] by Identified Patient & Sophie du Palais

Ganja Kru - Species (1999)

Le Ganja Kru groupe d'artificiers émérites de la jungle se laisse aller au ralentissement de tempo. Le rythme reste lourd, les basses vrombissantes mais en plus lent, l'impression de respirer dans un nuage de protoxyde d'azote et d'avoir ses perceptions modifiées. A cela il faut ajouter un discours fortement engagé sur les conséquence du darwinisme et la prédominance préjudiciable d'une espèce sur les autres ainsi qu'un fond sonore légèrement anxiogène. Agréable mais déroutant ...

Von Magnet - Light thread (2008)

Une hésitation, le temps d'un souffle, entre ombre et lumière. Entre calme et fureur. Un moment de doute durant lequel tout peu basculer. Une tension qui subtilement, s'installe, s'instille, se diffuse et finalement l'emporte, un peu, pas très longtemps. Puis le calme se réinstalle, momentanément, jusqu'à la prochaine tentative ... Ni Prédateur Ni Proie by VON MAGNET 2009

Soul Coughing - Screenwriter's blues (1994)

Chronique poétique bancale du désastre. Une ville anarchique, aux routes tentaculaires enchevêtrées, des studios de cinémas bâtis en réaction aux "femmes malédiction", la voix de Los Angeles qui parle. Une belle nuit, le rock and roll, des enfants sauvages, violents - Burrough qui rentre par effraction en quelque sorte (mais son cut-up était déjà présent). Baiser des mannequins paumées de l'Ohio à Reseda, y mourir comme tout le monde. Les espoirs de gloire écrits en grandes lettres, ceux de l'amour espérés; le voile trouble de la pollution englobant la ville dès le petit matin. Vision distanciée, fantasmée et tellement vraisemblable pourtant de Los Angeles cité aimant se nourrissant des appétits de gloire, de réussite, de reconnaissance de tout à chacun. Au cœur de la ville est tapie son âme, sa voix, celle qui lance des appels, celle qui contrôle tout, celle qui jouit sans entrave et tout le temps, cette voix qui se répand par les ondes attirant, telle une S...

Minnie Riperton - Inside my love (1975/2001)

Ça sent le sexe à plein nez ! Mais avec parfois une pointe de tristesse, voire de regret. Un délice ...

Swans - Frankie M (2016)

Requiem en deux parties. Tout d'abord un premier mouvement lent, incantatoire, sépulcral, traversé par des spectres diaphanes, des fantômes vocaux. Inquiétant et paisible, il convoque les esprits défunts, invoque leur souvenir. Quand ces derniers arrivent ils sont fureur et bruit; impérieux et majestueux, comme pour accentuer la théâtralité de leur entrée en scène. Vient le second mouvement, le chant funèbre à proprement parler. La musique est un peu comme une succession de vagues, revenant à la charge sans cesse, inlassablement sans férir. La voix de Gira narre la fin de Frankie M, junkie envolé, transformé en papillon lors d'un ultime shoot. Cette ultime et fatale défonce se ressent musicalement. C'est une seringue qui se plante dans la peau, aspire un peu de sang, puis y propulse son héroïne. Elle provoque une euphorie puissante, puis une rage encore plus dévastatrice. Enfin dans un ultime soubresaut chaotique - durant lequel les neurones crament, les synapses...

Luomo - Tessio (2000)

Alors que gris, denses, opaques et nombreux ces salopards de nuages ne font rien qu'à encombrer le ciel, il fallait réagir. On ne peut pas laisser tout passer, il y a des limites ! Et bin dans ta face, Tessio de Luomo ! On fait moins les marioles les nuages d'un coup ... Si face à ce déluge de douceur, de chaleur et de sensualité presque estivale vous pouviez mettre les voiles et aller assombrir d'autres contrées ce serait pas mal. En vrai je sais que les nuages n'en ont rien à faire de Tessio, déjà parce qu'un nuage ça n'a pas d'oreille donc c'est plutôt sourd, de plus même si ça pouvait entendre, vu que ça n'a pas de cerveau ce n'est pas dit que ça puisse transcrire les sons et apprécier la musique. C'est con un nuage, ça ne sert pas à grand chose à part à pleuvoir, à cacher le soleil et à faire chier l'héliophile ... Je crois que je vais devoir prendre mon mal en patience et attendre que ces nuages décident d'aller voir si...

Aphex Twin - Jynweythek (2001)

Alors que vient l'heure de dormir, Aphex Twin arrive, subrepticement. Il s'insinue avec une berceuse jouée au piano, tout simplement. Enfin tout simplement, juste avec un piano cet homme est dangereux, il le traficote, ajoute des lames de rasoir aux marteaux, triture les cordes, rajoute une pédale d'effets, désaccorde ou plutôt réaccorde le piano à son goût ... Bref ce qui s'annonçait être une berceuse reste certes fondamentalement une berceuse, mais un peu déglinguée, légèrement faussée, avec ce soupçon indicible d'étrangeté ... Parfait pour une nuit paisible de cauchemars ...