Accéder au contenu principal

Apollo Brown - Thirty eight (2014)

Apollo Brown est bien sympathique, il nous concocte un album gorgé de soul à l'ancienne et avec des apparats bien contemporains, c'est louable.
Toutefois cet album n'est pas exempt de défauts, loin de là.
Le premier, celui qui rapidement saute aux oreilles et horripile fortement, c'est ce recours systématique à du bruit ajouté, à des parasites pour imiter le vinyle ancien. Monsieur, non il ne faut pas faire cela, premièrement ça s'entend c'est toujours le même sample de bruit qui passe en boucle, deuxièmement c'est ridicule et inutile, vous passez pour une tanche prétentieuse; enfin n'oubliez pas, monsieur, que les parasites brouillent l'écoute !
Le deuxième, qui lui aussi saute rapidement aux oreilles, c'est la mise en boucle intensive de samples vocaux, comme par exemple sur Shotguns in hell, le "Oh No" répété 50 fois en moins d'une minute est à la limite de la torture psychologique d'autant que lorsqu'on croit enfin s'en débarrasser il est remplacé par un "give shotguns in hell" aussi pénible, plus raffiné les 2 qui tournent en même temps, c'est trop !
Troisième et dernier point, Mr Apollo Brown est un écologiste roué qui s'ignore, un pro du recyclage en effet un nombre non négligeable des titres de cet album a déjà été utilisé dans un précédant opus du sieur Ghostface Killah, son 12 reasons to die the Brown tape (avec d'ailleurs la même marque de fabrique à savoir le pénible ajout bruitiste vintage).
Néanmoins il sera beaucoup pardonné à monsieur Brown, le bougre, sentant vraisemblablement poindre l'ire des ses auditeurs, se rattrape magistralement sur le dernier morceau: The answer, perle cachée et inattendue à ce stade de l'album.


Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

No Suicide Act - No Suicide Act (2023)

Bru(i)t X Noir Une arrivée, un retour aussi inattendu que bruitiste et engagé. L'association de FranXoa la voix des Bérus et de Madsaxx le saxo, d'entre-autres, Ukandanz pour un Ep constitué de 2 nouveaux titres et de 3 reprises des Bérurier Noir. La voix de FranXoa n'a pas changé, toujours aussi écorchée, enragée posée et forte. Le sax de Madsaxx est lui maltraité, trituré, déformé pour devenir un soufflement électronique saturé menaçant. Forcement une boite à rythmes vient assurer les beats. Au programme 4 reprises des Bérus, ou plutôt 4 relectures avec actualisation des paroles afin de rester dans l'air du temps et un nouveau track.  Un Nada 2024 inaugural qui ne lâche rien aux préoccupations de l'instant les milichiens sont toujours là mais le contrôle est facial et social, la NSA n'est pas loin ...  Suit le peu connu En Pensant , plus posé musicalement mais très tourmenté dans ses thématiques.  Arrive l'inédit Death Life Blues sorte d'hommag...

Shackleton & Ernesto Tomasini - Rinse out all the contaminants (2016)

Psalmodie moderne pour liturgie contemporaine. Shackleton et ses ambiances solennelles post-apocalyptiques, lentes et profondes s'allie au fantasque chanteur italien, plutôt grave ici, Ernesto Tomasini. Il en ressort ce "Devotional songs" , rituel initiatique sonore aux teintes multiples, toujours envoutantes et immersives. Avec en guise d'introitus à cette messe pour le temps présent dégénéré "Rinse out all the contaminants" ...

Badder than evil - Hot wheels (the chase) (1973)

La disparition du vengeur masqué (mais qui est-il ?). Triste nouvelle, le mystérieux vengeur masqué est mort.  Enfin masqué, il ne l'a pas toujours été, vengeur non plus d'ailleurs. Par contre musicien il l'était. Avec au final une œuvre foisonnante et diverse (pour ne pas dire hétéroclite). Ici il s'implique à visage demi couvert. Sous le pseudonyme d'Andy Badale, soit pas très loin de sa véritable identité ... Au menu un titre qui déchire, du beat qui envoie du lourd, du groove poisseux, un classique des samples de breakbeat. Assez loin de ce qu'il fera par la suite, plus vaporeux. Hélas il est mort, David Lynch est inconsolable, Angelo Badalamenti est mort et c'est triste ...