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Scion - Emerge0 (1995)

1111ème post, quand même. Au menu du roboratif techno allemand, rigoureux, carré, sec et râpeux. Austère pourrait-on dire un peu hâtivement et vainement car en fait il n'en est rien. Le morceau est en évolution constante, ça tournoie, ondule, sinue tel un serpent sonore cherchant à s'insinuer subrepticement. Puis sans crier gare arrive un piano martelé qui semble presque échappé du Go de Moby et qui à plusieurs reprise déboule pour amener un brin de folie, comme une réminiscence de samba décadente. Une histoire d’émergence soudaine en quelque sorte.  Et puis tout part en couille dans une sorte de psychédélisme électronique débridé avec des sons, stridences et feulements jaillissant de partout simultanément avant un retour à la sérénité.

Turzi - A notre père (2007)

C'est pour critiquer mais ils ne sont pas doués, les cathos. Ils se plaignent que les églises soient vides, que les fidèles désertent. Mais en même temps ils ne font rien pour les remplir. Non les cocos, il faut évoluer et arrêter vos conneries. Prenez exemple sur Turzi qui sait allier tradition et innovation. Il prend un classique de la liturgie, le "Notre père" et le rend mystique, hypnotique, limite sexy en l’enveloppant d'une rythmique krautrock, en lui adjoignant guitare addictive et plainte contemplative sur fond de mysticisme indien. Alors suivez mes conseils en premier lieu plutôt que des hosties fadasses proposez au moins des Pringles au mieux des excta', même chose pour le vin, déjà ça fait un peu rat qu'il n'y ait qu'une seule personne qui puisse s'arsouiller, ensuite faudrait voir à proposer une carte un peu plus fournie, Redbull/vodka, mojito, cocktail champagne, des pinards de petits producteurs du coin ... Pour la disposition ...

Neu! - Hallogallo (1972)

Motorik ! Pulsation métronomique, divagations de stridences, paysage défilant, mouvement statique, planer un peu, fixer son attention sur des détails, voler rapidement comme dans un rêve à 15 cm du sol, décharge d'adrénaline, excitation, emphase, montée, souffle court, confusion ... écouter en boucle, glapissement, wah wah, cheminement sinueux, stop, encore reprise, recommencer, pulsation métronomique, vitesse de la lenteur, se laisser emporter, flotter, des mouettes passent, les vagues se brisent, le ciel était gris, attente, plus, encore, plus, hypnose, confusion, cymbale éclatante, saturation, à nouveau, brouiller, s'abstraire, s'isoler dans sa bulle, l'infini qui reprend et se répète, grésiller, un peu d’énervement voire de rage, s'assourdir, pulsation métronomique ...

The Jesus & Mary Chain - Gimme hell (1989)

Finalement l'enfer c'est pas si mal, un peu bruyant, mais on s'y fait ... "So come on"

Balam Acab - Welcome (2011)

Une plongée en eaux profondes ... Mais attention à l'ivresse des profondeurs ! Euphorie, trouble de la vision (cette impression de tout voir comme au bout du tunnel), perte de la notion du temps, discours intérieur avec soi voici quelques uns des symptômes de la narcose à l'azote. Il se rapporte également l'audition de chants étranges limite surréels, la perception accrue de ses battements cardiaques. Le risque principal c'est la mort, désorienté et euphorique le plongeur qui touche le fond décide d'y rester, car  au fond, il s'y sent bien, donc rien de bien grave, la mort n'est-elle pas notre seul devenir certain à tous ... Alors "Welcome" !

Shackleton & Ernesto Tomasini - Rinse out all the contaminants (2016)

Psalmodie moderne pour liturgie contemporaine. Shackleton et ses ambiances solennelles post-apocalyptiques, lentes et profondes s'allie au fantasque chanteur italien, plutôt grave ici, Ernesto Tomasini. Il en ressort ce "Devotional songs" , rituel initiatique sonore aux teintes multiples, toujours envoutantes et immersives. Avec en guise d'introitus à cette messe pour le temps présent dégénéré "Rinse out all the contaminants" ...

Terrace Martin - Think of you (feat. Kamasi Washington & Rose Gold) (2016)

L'heure du classieux, doux, cotonneux, chatoyant et enjôleur; à deux doigts du sirupeux ou de l'insipide mais sachant garder cet équilibre précaire, funambule raffiné.

Sharon Jones & The Dap-Kings - Got a thing on my mind (2001)

Ce par quoi tout commença ... R.I.P. Sharon Jones.

Jasss - Minotauro (2016)

Tu le croyais mythique, irréel quoi, une histoire inventée, pour faire réfléchir et peur et puis ... Finalement au détour de ce labyrinthe, cette rencontre qui s'avéra fatale. Encorné, éventré gisant à terre aux pieds du Minotaure qui s’apprête au festin de chair et de sang, les tiens. Tué par un mythe ...

Kreng - Na de sex (2009)

"You belong to the devil, Satan's wife ..." Et les tourments musicaux qui vont avec, mais délicats les tourments. La bande son d'un film imaginaire; expérimentale, classique, aventureuse, inquiétante, séduisante. Étrange le sexe selon Kreng ! Et puis impossible de passer sous silence le titre de l'album: "L'autopsie phénoménale de Dieu". Riche en révélations, tout d'abord Dieu existe, mais surtout il était mortel ! Et le voici maintenant découpé sans trop d'égards, examiné sous toutes ses coutures, les tripes et le sexe à l'air, exhalant la puanteur typique du cadavre, tout ça pour ça ...

Zëro - Uprising (2014)

La révolte gronde, le soulèvement est proche, ce sera brutal et violent: "pas de pitié, pour personne, jamais."  Par contre il va falloir patienter, faire la queue, prendre son ticket, car il y a du monde qui morigène, râle, piétine, l'attente risque d'être longue pour le soulèvement. Demain ou plus tard ... peut-être ... s'il fait beau et pas trop froid ...

JStar - Unbreak my dub (2005)

Unbreak my dub ou comment rendre une mièvrerie R'n'B sans nom, bandante. Ne garder que la voix, supprimer toute la musique, puis rajouter un bon riddim dub avec beat chaloupé et basse profonde, le saupoudrer de quelques citations de classiques du genre et voilà le tour est joué ! Une question subsiste: pourquoi l'original ?

Tricky vs Gravediggaz - Psychosis (1995)

Quoi de mieux pour illustrer une journée, morne, grise, froide et pluvieuse d'automne que cette association de Tricky et des Gravediggaz. Ne manque que la thématique ad hoc: Psychosis, la psychose donc pour parfaire le tableau. Une pulsation sèche, minimale, limite douloureuse, avec en bruits de fond comme des cris plaintifs dont on ne sait dire s'ils proviennent d'humains ou de machines, une complainte ( "He's falling, slowly falling, Jesus Christ" ) tourne en boucle comme un mantra psychotique répété jusqu'à s'en faire saigner la bouche. Reste une parcellaire note d'espoir, dans cette folie sombre, une voix féminine qui fredonne, comme une bulle d'air salvatrice. Voilà la toile de fond mise en musique par Tricky et le RZA. Ce ne sont pas les flow de Tricky et de Grim Reaper qui vont rattraper les choses, ils donnent l'impression de faire un concours du plus malsain, du plus oppressant et il est difficile de les départager. A ne pas ...

Microlith - Train stops for free (2016)

Microlith propose une exploration des stations du métro de Berlin. Bon, à moins que le métro de Berlin soit foncièrement différent de celui de Paris il raté son exercice. Je m'explique il n'a pas réussi à retranscrire l'odeur prenante, subtil mélange d'urine, de transpiration, de vapeurs d'alcool et de cigarette froide si caractéristique du lieu; de même la promiscuité, la sur-densité de population aux heures de pointe ne se ressent pas, tout comme la lumière blafarde, les affiches criardes et vulgaires, du bruit omniprésent et strident. Musicalement il s'agit d'électro à l'ancienne, sautillante, bleepée, acidifiée, assez aérienne pour personnifier un lieu essentiellement souterrain, un métro mélancolique et un peu rêvé. Train Stops For Free by Microlith

Jean-Jacques Perrey - E.V.A. (1970)

Le RIP du jour en retard: la mort vendredi dernier de Jean-Jacques Perrey. Un des pionniers de l'utilisation du moog et de la musique électronique. E.V.A. un morceau archi-samplé, il n' y a qu'à voir la page Who sampled qui lui est dédié.

Psychic Tv - Set the control of the heart of the sun (1996)

Les allumés de Psychic Tv reprennent les Pink Floyd première époque, barrés. Le résultat ? Du psychédélique shamanique lysergique teinté de free jazz ... envoutant, mystique, limite inquiétant.

Cio D'Or - Magnetfluss (2012)

Une certaine idée de l'espace, de la distance et du crépitement. La musique du vide, de l'absence, ou comment les rendre sinon palpables du moins perceptibles. Un martellement intermittent mais régulier, des sons étouffés, assourdis, une chute lente mais certaine et irrémédiable. La contemplation, l'introspection, la fascination. Le monochrome en nuances de gris ... Magnetfluss EP by Cio D´Or

SHXCXCHCXSH - Elocution (2014)

Avec un patronyme pareil et souvent des titres de chanson à l'avenant, SHXCXCHCXSH il n'y a pas trente six mille solutions: soit le groupe et champion du monde d'élocution, soit il va leur falloir plusieurs millénaires d'orthophonie avant d'avoir une prononciation correcte. Après ce n'est pas le plus important pour un groupe musical ... Et musicalement alors ils bégayent, zozotent ou autre ? Non ils tapent dur et sourd, rudimentaire mais efficace. Enveloppant, immersif, jubilatoire extatique, acide, tout en progression, en mouvement pour une techno sans concession fortement teintée d'industriel avec des remontées d'acid.

Le Tone - Joli dragon (1998)

Frais et guilleret, jovial et débonnaire, rien de tel pour attaquer un proche mois de novembre qu'un Joli Dragon ... Entre hip-hop quasi instrumental pour glandeur confirmé et ritournelle enfantine, encore un truc pour guincher béatement dans son salon avec le chat qui, une fois de plus se fend la poire en se demandant véritablement ce qu'il fait dans cette maison de demeuré et comment il fait pour tolérer cela !

Legiac - The Vonich manuscript (2016)

Il n'y a pas dire ils sont balèzes les p'tits gars de Legiac ! La preuve, ils ont réussi à déchiffrer le manuscrit de Vonich. Le manuscrit de Vonich est un codex manuscrit qui daterait au mieux du XVème siècle et écrit dans une langue indéchiffrée à ce jour, son contenu graphique laisse quelques hypothèses (herbier, traité de médecine, d'astronomie, de pharmacologie, voire d'alchimie) et beaucoup de questions (y compris celle de la mystification. Des générations de cryptographes renommés, de linguistes émérites, de chercheurs inventifs, de branleurs géniaux s'y sont cassés les dents, abimés les yeux, meurtris les neurones en vain. Rien, peau de zob, que dalle, nada, pas l'ombre d'une solution qui tient la route. Et puis arrivent, candides, les lascars de Legiac qui décident de se plonger un peu sur le problème et qui en 5 minutes trouvent la solution: c'était une écriture musicale. Voici donc les morceaux tels qu'ils ont été conçus il y a plu...

Aphex Twin - Vordhosbn (2001)

Cavalcade épileptique que ce Vordhosbn d'Aphex Twin. Une rythmique échevelée qui part dans tous les sens, un peu comme un éjaculateur précoce qui tenterait de se retenir en vain, à peine arrivé c'est déjà parti. Puis derrière cette apparente facilité d'accroche beat, il y a souvent sous-jacent chez Aphex un mélange entre mélancolie, mélodie enfantine, naïveté feinte et véritable rouerie dans la conception sonore (précise et affutée), agression auriculaire et concassage du bruit. Cette impression de flotter dans un souvenir agréable qui serait prêt à vaciller d'un instant à l'autre vers un cauchemar horrifique, une terreur primale.

Chronique de l'intranquilité, une mixtape d'Halloween

L'annuelle mixtape d'Halloween, toujours joyeuse, lumineuse et bon enfant ... Un peu comme une berceuse !

Koudlam - Benidorm dream (2014)

Alors que, bien située dans le cotes espagnoles, avec un climat clément et méditerranéen, Benidorm pourrait être une sorte de paradis; hélas c'est plutôt une sorte de furoncle, une boursouflure bruyante et putassière. Sérieusement à moins d'aimer l'urbanisation intensive, la promiscuité, la bière chaude, la musique nocturne criarde, les filles et les garçons vulgaires qu'irait-on y faire ? Éventuellement rire des futurs mélanomes des anglais nombreux, ivres morts, endormis sur les plages et rougeoyant (cuisant) à 13h en plein soleil, se moquer des vieux qui pensent promener leur chien alors que ce sont les chiens qui font faire leurs besoins à leur vieux, pouffer vers 3h du mat' quand des gars proches du coma éthylique espèrent "faire des rencontres" dans des peep show ou des sex shop et se livrer aux joies de la copulation, alors qu'ils ne sont plus en état ni de lever un verre, ni leur queue ... Comme le dit avec justesse Koudlam: "it's...

Darkthrone - Tundra leech (2016)

La sangsue de la toundra ... Pourquoi pas ! La bestiole en question a toutefois l'air vorace et quelque peu menaçante, à se demander si c'est bien une sangsue ordinaire et non pas une cousine du vampire des Carpates doté d'un appétit hors norme et d'une agressivité peu commune . Après restent des considérations climatiques, la sangsue semble assez rare dans la toundra, bien qu'elle puisse survire a des conditions extrêmes (anoxie par exemple), donc une affaire à suivre ... mais de pas trop près.

Carcass - Symposium of sickness (1991)

Joyeux comme comme un tueur psychopathe s’apprêtant à dépecer sa victime, guilleret comme un huissier allant expulser une famille dans le besoin juste avant la trève hivernale, Carcass nous convie à un symposium sur la maladie (à entendre dans un sens large allant du rhume à l'aliénation mentale en passant par la peste ...). Le plus souvent le symposium est un rassemblement de vieilles barbes, qui se branlent le cerveau sur des thèmes que le commun des mortels considèrent comme chiants (ça va de la physique quantique à l'art de bien se nettoyer les oreilles). Avec Carcass, les symposiums sont, comment dire, moins ennuyeux, plus originaux et assez violent et agressifs dans le propos ... et sa mise en son. Alors en résumé, oui un symposium Carcass, c'est un vent frais et original, une manière nouvelle d'aborder la communication scientifique, après c'est selon une méthode un peu brutale pour le monde feutré et calme de la science.

Dj Shadow - Six days (remix feat Mos Def) (2002)

Explosion de beat. Dj  Shadow en maître artificier pyrotechnique. Ça explose à tous les étages, oh la belle bleue, et la rouge ... Puis quelques scratchs pour enrichir le spectacle, enfin le flow indolent mais précis de Mos Def pour parachever l'enjolivement. Et enfin, alors qu'à genoux on réclamait déjà grâce, vient l'estocade finale, le boulet terminal, l'artillerie lourde. Arrive la béatitude du beat ...

The Poets Of Rhythm - Eulogize the source (2001)

Une petite sucrerie, racée, acérée, enjouée. Deux parties: La dynamique, menée par une batterie locomotive et sa basse caoutchouteuse, pleine de ferveur vocale, de cuivres et vents débridés, d'une guitare malicieuse. La plus dégingandée à la limite du dub paresseux, ralenties, limite feignante et enrouée. Un art consommé de la rupture, de la chausse-trappe et du contrepied.

Ghost - Square hammer (2016)

Sur la foi de quelques critiques élogieuses, je me lance et acquiers le dernier Ep de Ghost ... Heu, les gars sérieux, il y a tromperie sur la marchandise ! Le nom, l'imagerie du groupe, les thématiques et tout le toutim, ça évoque le satanisme, l'obscur, le lugubre, les forces cachées, l'antéchrist; un précédant single reprenait même le visuel du Nosferatu de Murnau. Bref c'est sensé faire peur, inquiéter, déranger l'ordre établi, inspirer la crainte, provoquer le désarroi, choquer le bon goût, dégager une énergie maléfique, que sais-je encore. Pour être honnête certains points sont atteints: le désarroi est provoqué et le choc est là, après pas certain que ce soit ainsi qu'ils l’espéraient ... Le désarroi car j'ai eu l'impression d'entendre du mauvais power rock des années 80, le truc un peu rock FM avec une guitare faussement agressive, un rythme de baltringue un poil pêchu dans l'idée mais totalement mou du gland dans la réalisation, l...

Dave Ball, Jon Savage - Dead neon (2016)

Dans l'absolu un néon grillé ce n'est pas ce qu'il y a de plus passionnant que ce soit à regarder ou bien à écouter. Grossière erreur que de penser cela ! Dave Ball et Jon Savage réussissent à faire de ce qui normalement n'aurait dû n'être qu'un crépitement désagréable un moment calme, onirique conviant à l'évasion et à la rêverie bucolique ... Je ne regarderai plus jamais un néon vacillant, prêt à rendre l'âme du même œil, j'y verrai l'espoir d'une symphonie improbable. PS: le reste de l'album traite de la photosynthèse, les plantes gagnent à être écoutées ...

Michel Houellebecq - Célibataires (2000)

Bertrand Burgalat compose un succédané du TEE de Kraftwerk, un morceau répétitif, monotone, tel un train cheminant. Michel Houellebecq vient y poser sa voix et sa prose, monotones elles aussi. Alors que le chiant pourrait transpirer, il n'en est rien, nous nous laissons bercer par cette alliance des monotonie, et nous voyageons avec eux "dans le calme, dans un wagon Alstom (...) et nous rêvons du vide." La poésie de l'absence, du quotidien, du progrès, du paysage qui passe, des banlieues industrieuses, urbanisées et grises, du désir moribond. La naissance du Kraftbecq, monstre déshumanisé qui narre l'inessentiel du quotidien.

Planetary Assault System - Message from the drone sector (2016)

Puis soudain survint ce rythme monolithique, accompagné de sa mélodie minimaliste, dévastateur, envoutant, inquiétant et impassible. Et à un moment tout cesse, trop brutalement ... Arc Angel by Planetary Assault Systems

François X - Persistence hunting (2016)

Qui est François X ? Un président de la République qui prépare sa reconversion, un français lambda qui veut garder son anonymat, le neveu ou le cousin de Scan X , un ancien Béru qui tente un improbable come back dans la musique électronique, un futur roi de France qui aurait un peu oublié qu'après Ier il y a II, un prochain pape en avance ? Le mystère demeure, mais il semble plus pertinent de le rattacher à Scan X au niveau filiation musicale. Techno "à l'ancienne", basique dans le rythme, avec peu de fioritures pour les motifs mélodiques, mais une évolution constante et surtout cette alliance et cet équilibre subtil entre hypnotisme et inquiétude sourde. Et puis ça y est une révélation c'est l'adrénaline relâchée lors d'une chasse, la folie frénétique qui provoque un aveuglement des sens, tout était dit dès le titre. Reste une question et non des moindres: est-on le chasseur ou la proie ...   Unicorn Paranoia by Francois X

Vampillia Meets Lustmord - Deep currents/Deep dub (2016)

Un combo de Japonais  barrés, Vampillia, tendance expérimental, ambient, métal rencontre "l'inventeur" du Dark Ambient , Lustmord. Que faut-il en attendre ? 30 minutes variées, avec ambient aux textures denses, incantations maléfiques, respirations lentes, cordes anxiogènes, explosion doom/drone de guitare, lyrisme d'opéra, tension; dans un second temps un dub mutant liquide, chargé en riffs de guitare, se répandant insidieusement et contaminant ce qu'il croise de sa rage froide et tendue, contre balancé par un piano presque apaisant. "I breathe in darkness, I breathe in the lonelyness, I breathe in the fear ... Breathe in, breathe out ..." Vampillia meets Lustmord by Vampillia

Jimmy Smith - Root down (live) (1972)

La classe internationale, le groove de la mort qui tue, les Beastie Boys, la rupture au bon moment, la basse terrible, le batteur psychotique ...

John Carpenter - Julie (1976/2003)

Une respiration légère, parenthèse tenue, dans un film et une BO confinée et oppressante ... Pendant un instant on se prend à flirter, insouciant, puis la réalité revient. Et la pauvre Julie verra son espérance de vie se réduire brutalement ...

Pavement - She believes (1993)

De l'art de la tromperie. Les p'tits gars de Pavement se lancent dans la chanson "d'amour" et il faut l'admettre ils ne sont pas très doués dans l'exercice ... Déjà musicalement, c'est comme à leur habitude bancal et approximatif, ce qui fait leur charme. Pour le discours, menteurs roués, trompeurs malades, ils tombent sur une bonne âme crédule, qui s'en tirera avec quelques maladies vénériennes, une déception sentimentale et de longues séances de psy ...

Mark Clement - Belin (last station) (1996)

Une évocation tangente entre trance et house, frétillante, mais également teintée de nostalgie. Une hésitation, une invitation à rester ébahi, extatique et contemplatif, perdu, dans la frénésie urbaine du métro berlinois ...

Plastikman - Pakard (1998/2012)

Nappes ambient, montée d'acid, beat quasi hip-hop, sur le papier ça semble un poil tarabiscoté et l'assemblage peut paraitre trop hétéroclite et l'indigestion poindre. Néanmoins le morceau passe tout seul, comme une rêverie lysergique prolongée (même si un emballement acid eut été apprécié).

Nurse With Wound - Musique Pour Faits Divers: A Piece Of The Sky Is Missing (2016)

La bande son d'un livre ... Les éditions Lenka Lente rééditent, entre autres,des petits livres d'auteurs méconnus ou oubliés et parfois ils demandent à quelques musiciens d'en faire la bande son en quelque sorte. Ici l'auteur est Charles-Louis Philippe, qui narre quelques "Faits divers" engagés. "Nous ne travaillerons pas, les riches ne travaillent. Nous voulons des femmes, et nous voulons manger, et nous voulons boire et rire. Et pourquoi passe-t-il des carrosses dans les rue ? Les riches n'ont rien fait pour être riches, c'est pourquoinous sommes pardonnés quand nous volons les riches. Et quant à ceux que le travail enrichit, si nous travaillions, notre travail ne saurait nous enrichir. Car le pauvre meurt pauvre." La musique: fluide, aérienne, dépouillée mais aussi hantée, parcourue de dissonances, d'inquiétudes, de nuances subtiles, Nurse With Wound quoi !

Ellen Allien - Wish (2003)

Hachures de beat, découpe de voix, morcellement de mélodie, fracassement de notes de guitare, concassage, broiement de tout ce qui traine mais en réussissant toutefois à préserver l'émotion et la sensibilité ... A noter l'étrangeté de mettre sur un même plan les guerres et les voitures ! Un bémol les nappes de synthé pseudo kraftwerkiennes mais véritablement un rien pompeuses et qui n'apportent rien au morceau.

Mulatu Astatke - Mètché dershé (1969/1998)

Le charme languide, lancinant, feutré, trouble,  mystérieux et fascinant des pièces instrumentales de Mulatu Astatke.

Chocolat - Les pyramides (2016)

"Imagine early Roxy Music doing a modal jazz exercise on crack."  Voilà qui résume assez bien la musique des Québécois de Chocolat à cela il faut ajouter la pochette du disque à venir, bien allumée également: une sorte de sosie d'Elvis arrive d'un espace interdimensionnel, en faisant un salut métallique, accompagné d'une hache sanglante, des chats sont là, un canapé, un pneu, un lampadaire, un téléviseur et leur précédant album coulent de même qu'une plante verte, les colonnes d'une château sont présente, des voitures volent, un prototype de hard rockeur 80's attend l'Elvis de contrebande enfin il y a des pyramides ... Rencontrer Looloo by Chocolat

Felix - Don't you want me ? (1992)

Répétitif et addictif, de serpent de tête, un morceau qui hante son auditeur, alors qu'il est d'une simplicité désarmante. Redoutable !

Sporto Kantes - Lee (2004)

Un zeste de d'écailles de serpent , quelques poils de castor voici la base de la potion du Lee des Sporto Kantes. Des cuivres rutilants, une guitare excitée, une batterie carrée, une basse nerveuse complètent la recette. Ne manque qu'un peu de piment pour la rendre addictive, ce sera cette voix féminine autoritaire à talons aiguille ... Et puis il y a ce clip où une tortue volante propulsée par des réacteurs combat un ornithorynque requin mutant, lui crame la gueule avec un jet de flammes jaillissant de sa gueule avant de l'achever par une prise de catch puis de s'en  aller faire de la barre fixe sous l’œil médusé d'enfants !

Jardin - Ghost dance (2016)

Déjà auteur d'un "troublant, profond et poétique" Mon amour n'a pas de sexe aux paroles alliant mélancolie, sensibilité et introspection ( "et tu ne veux pas me sucer la bite ... et tu refuses qu'on se marie qu'on adopte un cassos qui n'aura personne pour l'aimer" ) , Jardin rempile par plusieurs fois sur cet album, avec entre autre cette Ghost dance . Ghost dance comme le film de Ken McMulle n avec interview de Derrida , en fantomatique et philosophique réflexion, apparition sur fond d'illbient Dj Spookyen; puis arrive la seconde partie rythmée et basique, contraste fulgurant avec ce qui précédait, sorte de réminiscence instrumentale teintée d'un fond de tristesse du Show me love de Robin S. Évanescent et spectral en quelque sorte ! Post-Capitalist Desires by Jardin

Mehmet Aslan - Mechanical turk (2015)

Le turc mécanique, voilà qui incite au voyage, la promesse d'un périple aérien sur un tapis volant piloté par un automate joueur d'échec. Initialement créé par Karpov Not Kasparov , un peu logique pour un "mechanical turk", Mehmet Aslan amène le morceau dans une autre dimension, subtil mélange d'onirisme mélodique enjôleur et rigueur rythmique discrète. En route ! H+P014: Mehmet Aslan - Mechanical Turk EP by Mehmet Aslan

Monoton - Soundsequence (1982/2009)

Épopée en terre inconnue. La progression, lente et semée d'embuches dans une contrée inhospitalière, désertique, froide, aride. Mais l'explorateur s'accroche, persiste, s'obstine, recherche le caché, le rare. Sa persévérance l'amènera à découvrir les trésors enfouis et la sérénité ... Monotonprodukt 07 27y++ by MONOTON

El’Blaszczyk Rock Band Himself - Quand tu me caresses (2016)

Le doute m'habite à l'écoute de ce titre: trait de génie musical ou escroquerie sans nom ? Des arrangements musicaux indigents et minimaux, des paroles où l'absurde dispute la vedette à l'inepte, des voix improbables (quel accent anglais confinant au génie), production plus proche du bricolage dominical que de la haute fidélité, le bougre glisse même un solo de guitare qu'un manchot réaliserait les yeux fermés tant il y a au mieux 10 notes différentes. Et pourtant ça a comme un goût de hit de la 4ème dimension, on en redemande, caresses sur toutes les parties du corps (glotte, poumons, artères, langue ...). THE QUIRKY LOST TAPES 1993-1995 by EL BLASZCZYK - ROCK BAND HIMSELF

Ol' Dirty Bastard - Raw hide (clean version) (1995)

La production minimale et aride, mais d'une efficacité rare, du RZA, le flow halluciné et totalement déglingué de l'imprévisible Ol' Dirty, celui précis et posé de Raekwon, celui alangui et brumeux de Method Man. Rien que cela ça pose un morceau. Mais le meilleur reste à venir: la pudibonderie, la censure de la "clean version", qui font que les "fuck", "suck", "niggas", "heroin" se retrouvent effacés, mais là où un infâme bip aurait pourri considérablement le titre, nos gais lurons optent pour des poétiques et un brin surréalistes bruitages aussi variés que des cris d'animaux (aigle, cheval ...), des coups de fouet et autres joyeusetés. Les propos initiaux restant majoritairement compréhensibles même pour un non anglophone. Un joli pied de nez !

Tres Demented - Demented (or just crazy) (2003)

Avec un peu de "sympathie pour le diable" , un producteur (Carl Craig) bien barré et un copain qui maitrise l'edit (Laurent Garnier) on peut créer une tournerie tentaculaire. Une sorte de cérémonie occulte dédiée à des divinités obscures et très certainement malfaisante, gorgée de percussions de cris et autres incantations habitées. Vraisemblablement sous l'empire de substances psychotropes les danseurs, inépuisables, s'emballent et s'excitent en même temps que le rythme, la sueur coule; aux tambours primitifs s'ajoutent des rythmes modernes, synthétiques et furieux. Paroxysme de la frénésie ... point culminant de la cérémonie, heure du sacrifice ... bonne nuit !